Le Danemark fête son retour en Coupe du Monde après plus de 8 ans d’absence avec cette fois-ci un Norvégien à sa tête, Åge Hareide, qui a succédé à Morten Olsen à la suite de l’inacceptable échec de ce dernier en barrages pour l’Euro 2016 face à l’ennemi suédois. Après une campagne qualificative à deux vitesses (début compliqué, fin plus positive), les Danois ont évincé l’Eire en barrage. Avec la Suède et l’Islande, le Danemark, qui devra se passer de Lord Bentdner, blessé, complète le trio nordique de cette coupe du monde version russe. Voici ce qu’il faut savoir de la sélection danoise que la France devra affronter.

 

via dbu.dk

Effectif :

Kasper Schmeichel, Leicester (ANG)
Jonas Lössl, Huddersfield (ANG)
Frederik Rønnow, Francfort (ALL)

Simon Kjær, Sevilla (ESP)
Andreas Christensen, Chelsea (ANG)
Mathias Zanka Jørgensen, Huddersfield (ANG)
Jannik Vestergaard, Gladbach (ALL)
Henrik Dalsgaard, Brentford (ANG)
Jens Stryger, Udinese (ITA)
Jonas Knudsen, Ipswich (ANG)

William Kvist, FC København
Thomas Delaney, Dortmund (ALL)
Lukas Lerager, Bordeaux (FRA)
Lasse Schöne, Ajax (P-B)
Christian Eriksen, Tottenham (ANG)
Michael Krohn-Dehli, Deportivo (ESP)

Pione Sisto, Celta (ESP)
Martin Braithwaite, Bordeaux (FRA)
Andreas Cornelius, Atalanta (ITA)
Viktor Fischer, FC København
Yussuf Poulsen, RB Leipzig (ALL)
Nicolai Jørgensen, Feyenoord (P-B)
Kasper Dolberg, Ajax (P-B)

Le XI probable :

 

♥ La star : Christian Eriksen 

Crédits photo : Getty

Il n’est plus nécessaire de le présenter, lui qui éclabousse la Premier League de son talent depuis plus de 5 ans. Lui, c’est bien évidemment Christian Eriksen. Le milieu offensif polyvalent de 26 ans (!) est, avec Kane, le joueur le plus régulier des Spurs depuis plusieurs saisons. Comme dans son club, Eriksen est la clé de voute du 4-3-3 d’Åge Hareide ainsi que le porte-drapeau de toute une nation qui se cherche  footballistiquement depuis son sacre surprise sur ses terres en 1992. On peut le dire sans trop se mouiller, Christian Eriksen est le seul joueur de classe mondial du Danemark. Il comptabilise avant cette coupe du monde – la deuxième, la première étant celle de 2010, lorsqu’il avait 18 ans – 21 réalisations et 17 assists en 77 rencontres. NordiskFootball vous propose ici un autre article plus complet sur le meneur danois.

♣ Le joueur à surveiller : Thomas Delaney 

Crédits photo : Jens Dresling

Le natif de Frederiksberg fait partie des tauliers de cette équipe danoise. L’ancien capitaine du FC Copenhague – et également un des joueurs du club les plus appréciés de ces dernières années – présente un profil de milieu de terrain central capable tantôt de colmater les brèches grâce à un placement intelligent et une agressivité saine, tantôt de se porter vers l’avant. Après de longs et loyaux services à Copenhague, il se voit récompensé en janvier 2017 par un transfert au Werder Brême. Là aussi, son implication et son engagement sont grandement appréciés, ce qui poussera le Borussia Dortmund de Favre à débourser 20 millions pour s’assurer ses services. Placé entre la défense et Eriksen, le milieu de 26 ans sera l’homme à tout faire de cette équipe.

Le joueur qui peut se révéler : Pione Sisto

Crédits photo : Jens Dresling

Pione Sisto pourrait définitivement se révéler sur la scène internationale durant cette coupe du monde. Déjà bien connu au Danemark mais aussi en Espagne, où il officie au Celta Vigo depuis l’été 2016, Pione Sisto est un ailier gauche droitier véloce et assez technique. Le joueur né en Ouganda mais naturalisé danois en 2015 a effectué ses débuts professionnels en Superliga danoise en 2012/2013 et n’a depuis cessé de progresser ; on se rappelle notamment sa superbe double confrontation en Europa League contre Manchester United en 2016 durant laquelle il a ébloui l’Europe grâce à deux buts. Cette saison, il a marqué 5 buts et donné 10 assists en 36 matchs pour le Celta Vigo. En forme, Sisto est tout à fait capable d’influer sur le jeu danois.

? Points forts :

  • Le génie d’Eriksen
  • Solidité défensive. La solidité défensive constitue le principal atout de la sélection danoise dans le sens où elle défendra en bloc et qu’elle sera difficile à contourner.
  • Robustesse et placement. Hareide demande à ses joueurs de l’engagement et de l’intelligence, ce n’est d’ailleurs pas pour rien que ses deux milieux centraux, jouant derrière Eriksen, se prénomment Delaney, le joueur le plus robuste et agressif de Bundesliga, et Kvist, expérimenté milieu de terrain capable de couvrir un maximum de terrain et de fermer les espaces. Devant aussi, le Danemark peut compter sur des joueurs de grandes tailles comme Dolberg et Cornelius.
  • Forme récente. Le Danemark est en plutôt bonne forme et reste sur une série d’invincibilité de 15 rencontres dont 4 clean sheets. Les joueurs ont d’ailleurs réalisé une belle dernière performance en préparation en venant à bout du Mexique 2-0.

 

? Points faibles :

  • Aucun véritable buteur. Le temps où le Danemark pouvait compter sur un solide Ebbe Sand ou sur un renard des surfaces à la Dahl-Tomasson semble bien révolu. Pour cette phase finale de coupe du monde, le Danemark se présente sans véritable valeur sûre en pointe : Brathwaite, Cornelius ont réalisé des saisons plus que moyennes dans leur club alors que Jørgensen – bien qu’efficace à Feyenoord depuis deux ans – peine à s’imposer en pointe en sélection, comme en attestent ses deux maigres goals en éliminatoires. Il devrait tout de même se présenter en Russie en tant que titulaire. L’étincelle pourrait peut-être venir du Jeune Kasper Dolberg dont le talent n’est plus à prouver. Seul souci, sa saison a été fortement entachée par une blessure au pied dont il se remet seulement. Les conditions ne sont donc pas idéales pour lui, mais peut-être saura-t-il aider son pays en qualité de joker ?
  • Eriksen-dépendance. Disposer d’un joueur d’une telle qualité est évidemment bénéfique pour une nation comme le Danemark. Force est de constater que l’équipe repose trop sur sa pépite, notamment en matière de créativité. En plus d’être le maître-à-jouer par excellence, Eriksen est également avec 8 buts le meilleur buteur de sa sélection durant les éliminatoires. Mais mieux encore, c’est lui qui a offert la qualification pour cette coupe du monde au détriment de la République d’Irlande en atomisant les hommes d’O’Neill au moyen d’un triplé au match retour. De quoi encore renforcer son statut de star nationale…
  • Climat autour du sélectionneur lors de la préparation. Åge Hareide a fait des choix forts en renonçant à des joueurs connus et auteurs d’une bonne saison comme Wass (Celta Vigo), Durmisi (Betis Séville) ou encore Pierre-Emile Højbjerg qui a réalisé une saison solide à Southampton en étant même élu « meilleure progression de l’année du club ». C’est pourtant le dossier Wass qui a créé le plus de polémique tant le joueur avait fait une saison pleine en Galice. Le milieu polyvalent avait « refusé » une sélection pour raisons personnelles et le sélectionneur lui en aurait voulu, la relation entre les deux hommes s’est par la suite quelque peu détériorée débouchant récemment sur des querelles interposées dans les médias. En plus du cas Wass, le sélectionneur a tenu des propos aussi incendiaires qu’inutiles sur l’Équipe de France et ses stars qui n’auront sûrement pour seul et unique but que de surmotiver les Bleus lors de la rencontre entre les deux équipes.
  • Arrières latéraux. En décidant de se passer délibérément de deux latéraux résolument offensifs (Durmisi et Ankersen), Hareide a joué la carte de la prudence et de l’assurance. Les deux latéraux titulaires que seront Stryger Larsen et Dalsgaard présentent un profil plutôt physique et défensif. Toutefois, cela pourra peut-être se ressentir sur la créativité et l’animation offensive. Un choix tactique comme un autre.

Calendrier :

Pérou – Danemark

(16/06 – 18H – Bein1)

 Mordovia Arena, Saransk

Danemark – Australie

(21/06 – 14H – Bein1)

 Samara Arena, Samara

Danemark – France

(26/06 – 16H – TF1 / Bein1)

 Luzhniki Stadium, Moscou

Qu’attendre de cette équipe lors de cette Coupe du Monde 2018 ?

Le Danemark devra tout d’abord batailler ferme avec probablement le Pérou et l’Australie pour s’assurer la seconde place qualificative. Le cas échéant, on pourra dire que le tournoi est réussi, le reste sera du bonus. Tout dépendra de la forme affichée par Eriksen qui pourra à lui seul transcender ses coéquipiers. Il faudra avant tout s’attendre à voir jouer un bloc bien organisé faisant preuve de rigueur typique des équipes nordiques. Peut-être sauront-ils s’approprier un peu de la fougue et de l’audace islandaise, si oui, il se pourrait que l’équipe réalise un beau tournoi.

Laisser un commentaire