Coupe du monde 1998 : le match où le Brésil a perdu le Nord
Mardi 16 juin 2026, à minuit, la Norvège retrouvera la Coupe du monde pour la première fois depuis 28 ans. Avant d’affronter l’Irak à Boston, retour sur le souvenir que tous les supporters norvégiens portent encore en eux : la victoire 2-1 sur le Brésil, le 23 juin 1998 au Stade Vélodrome de Marseille, qui reste le moment le plus marquant de l’histoire de la sélection masculine en Coupe du monde.
Une victoire sinon rien
À l’aube de la troisième et dernière journée du groupe A, la situation était limpide. Le Brésil, déjà champion du monde en titre depuis 1994, avait assuré sa qualification avec six points au compteur. Pour la Norvège, en revanche, rien n’était joué. Avec seulement deux points dans la besace, une victoire était indispensable pour espérer accrocher les huitièmes de finale, dans un groupe où le Maroc restait en embuscade.
Face à eux, une Seleção impressionnante sur le papier, composée notamment de Taffarel dans les buts, Cafu et Roberto Carlos sur les côtés, Dunga capitaine au milieu, et devant Rivaldo, Bebeto et Ronaldo. Mário Zagallo, sélectionneur expérimenté, abordait ce match avec une équipe quasiment au complet malgré la qualification déjà acquise. Côté norvégien, le sélectionneur Egil Olsen, réputé pour son approche méthodique et son système de jeu reposant sur de longs ballons vers l’attaque, alignait une équipe portée par Tore André Flo en pointe, soutenu par Håvard Flo et Vidar Riseth, ainsi que Kjetil Rekdal au milieu.
Le Brésil aura fait douter la Norvège pendant les 45 premières minutes, sans pour autant parvenir à se montrer réellement dangereux. La rencontre reste fermée, défensive, sans véritable occasion franche de part et d’autre. À la pause, le score est de 0-0. Le public marseillais s’ennuie ferme durant les vingt premières minutes de la seconde période, le Brésil se contentant de faire tourner le ballon entre Dunga et ses défenseurs sous les sifflets grandissants des spectateurs. C’est un changement tactique côté norvégien qui va relancer la rencontre. Egil Olsen passe en 4-4-2, avec Ole Gunnar Solskjær venant se placer aux côtés de Tore André Flo. La Norvège reprend alors confiance, se montre plus présente dans le camp brésilien et commence à se créer des occasions.
Une décision arbitrale controversée
Et c’est alors que tout bascule, en l’espace de quelques minutes seulement. À la 78e minute, le Brésil ouvre le score. Sur un centre de Denilson, Bebeto propulse le cuir au fond des filets de la tête. Un but qui semble, à ce moment-là, sceller le sort du match… et l’avenir de la Norvège. Mais cinq minutes plus tard seulement, Tore André Flo égalise. Sur une longue passe de Stig Inge Bjørnebye, le Norvégien se projette vers la surface, profite d’un rebond favorable, élimine son adversaire direct et croise sa frappe du pied droit au fond des filets (1-1). À une minute du terme, sur une action où les ballons longs sont balancés sur les deux attaquants. Tore André Flo va au duel… et l’arbitre américain Esfandiar Baharmast accorde un penalty à la Norvège pour une faute de Júnior Baiano. Une décision qui sera longuement débattue, les ralentis ne montrant aucune faute évidente.
Sur le moment, même les Norvégiens semblent d’abord croire à une simulation de leur attaquant. Mais Kjetil Rekdal n’a aucun doute. Il prend ses responsabilités et transforme le penalty, envoyant la Norvège en huitièmes de finale.
La Norvège s’impose donc 2-1 face à la Seleção au Stade Vélodrome de Marseille devant 55 000 spectateurs. Les deux nations se qualifient donc pour les huitièmes de finale. Pour le Brésil, déjà assuré de terminer en tête du groupe, cette défaite reste sans conséquence sportive : l’équipe finit première du groupe et affrontera le Chili. Mais pour la Norvège, c’est une qualification arrachée dans la douleur qui égale alors le meilleur résultat de son histoire en Coupe du monde, déjà obtenu en 1938.
Malheureusement, l’euphorie sera de courte durée. Le 27 juin 1998, toujours au Vélodrome, la Norvège affronte l’Italie en huitièmes de finale et s’incline 1-0 sur un but de Christian Vieri inscrit dès la 18e minute. L’aventure norvégienne s’arrête là, mais le souvenir du 23 juin 1998, lui, ne s’effacera jamais.
Le penalty de la 89e minute a longtemps alimenté les débats, notamment au Maroc, dont l'élimination était directement liée au scénario de cette rencontre. Certains commentateurs ont même évoqué, au fil des années, des soupçons de match arrangé pointant notamment du doigt la composition brésilienne quasi complète malgré une qualification déjà assurée, ce qui n'est pas la pratique habituelle dans ce cas, ainsi qu'un mariage célébré entre un Norvégien et une Brésilienne avant le coup d'envoi, un fait inédit dans l'histoire de la Coupe du monde. Ces théories n'ont toutefois jamais été étayées par des preuves et restent de simples spéculations.
