Le football féminin suédois est en pleine ébullition

Depuis plusieurs décennies, la Suède fait partie des nations les plus importantes du football féminin à l’échelle mondiale. Championne d’Europe dès 1984, régulièrement présente dans les grandes compétitions internationales et souvent en avance sur beaucoup de pays dans le développement du football féminin, la Suède s’est construite une vraie réputation dans ce domaine.

D’après la Fédération suédoise de football, près de 30 % des 550 000 licenciés de football et de futsal âgés de plus de 12 ans sont aujourd’hui des femmes, ce qui représente l’un des taux les plus élevés d’Europe. L’équipe nationale féminine est d’ailleurs régulièrement considérée comme plus populaire que la sélection masculine dans le pays.

Mais alors que le football féminin évolue extrêmement vite partout en Europe, la Suède traverse elle aussi une période importante de transformation, entre professionnalisation du championnat, nouveaux investissements et volonté de rester compétitive face aux grandes nations européennes.

Un championnat national qui prend une autre dimension

Le championnat féminin suédois, l’OBOS Damallsvenskan, continue de gagner en importance saison après saison. Les clubs se professionnalisent davantage et les résultats européens deviennent de plus en plus intéressants. La finale 100 % suédoise de la nouvelle Coupe d’Europe féminine entre BK Häcken et Hammarby IF cette année illustre parfaitement cette progression du football féminin suédois sur la scène européenne.

BK Häcken Champion de l’UEFA Women’s Europa Cup 2026 // Source : UEFA.com

Selon plusieurs sondages relayés par les médias suédois et la SvFF, l’OBOS Damallsvenskan figure désormais parmi les ligues sportives les plus suivies du pays. Cet intérêt grandissant entraîne logiquement une hausse des investissements, aussi bien dans les clubs que dans les structures de formation.

La Suède est également devenue un véritable marché de développement pour les grands championnats européens. Ces dernières années, plusieurs joueuses ont rejoint l’Angleterre pour des montants importants, notamment vers la Women’s Super League anglaise. Felicia Schröder, du BK Häcken, pourrait même prochainement devenir la plus grosse vente de l’histoire du football féminin.

https://twitter.com/Nordisk_Suede/status/2058140758473887948?s=20

La Suède veut conserver son avance

Pour essayer de rester parmi les meilleures nations européennes, la Fédération suédoise de football et Elite Football Women ont lancé plusieurs projets afin d’accélérer la professionnalisation du football féminin suédois.

Source : OBOS

L’un des projets majeurs, nommé Elite Project Women, vise à renforcer les structures des clubs d’élite et à mieux préparer les joueuses aux exigences du football moderne. Dans une interview accordée à la fédération, Kirsten van de Ven, directrice sportive d’Elite Football Women, expliquait que cette stratégie devait permettre à la Suède de “rester durablement parmi les cinq meilleures nations européennes”.

Grâce à un système de certification modernisé, les clubs disposent désormais d’outils plus précis pour évaluer leur développement et améliorer leurs infrastructures. Le football féminin européen évolue désormais extrêmement vite, notamment avec les investissements réalisés en Angleterre, en Espagne ou encore en France. Pour rester compétitive, la Suède doit donc continuer à développer ses infrastructures, ses staffs et ses conditions de travail.

Le problème du manque de personnel féminin

Selon une enquête réalisée par la Fédération suédoise de football en 2022, seulement 6 % des entraîneurs titulaires de la licence UEFA B en Suède sont des femmes. Cette même année, une seule femme avait participé à cette formation.

Pour essayer de faire évoluer cette situation, la SvFF et la marque alimentaire Marabou ont lancé l’initiative Tränarlyftet, un programme destiné à encourager davantage de femmes à devenir entraîneuses.

L’attaquante d’Arsenal et internationale suédoise Stina Blackstenius fait notamment partie des principales figures soutenant cette initiative. Dans une campagne relayée par la fédération, elle expliquait que “le manque de représentation féminine reste un problème récurrent” et qu’il était “essentiel de créer davantage de modèles féminins pour les futures générations”.

Photo de Stina Blackstenius // Source : BBC

Cette problématique se reflète aussi dans les chiffres. Selon les statistiques officielles de la fédération, les filles abandonnent beaucoup plus le football à l’adolescence que les garçons.
Entre 16 et 20 ans, environ 21 % des joueuses arrêtent la pratique, contre seulement 8 % chez les garçons.

Laisser un commentaire