Ligue des Champions : le récit d’une qualification historique pour Bodø/Glimt
Deux rencontres maîtrisées de bout en bout. À l’aller comme au retour. Le terrain synthétique de Bodø/Glimt a parfois été pointé du doigt, mais il faut bien l’avouer, il n’est pas l’unique raison de la qualification historique du club norvégien pour les huitièmes de finale de Ligue des Champions. Retour sur deux performances de haut vol qui nous donnent envie de rêver.
Une copie presque parfaite
Quatre jours après une victoire controversée dans le Derby d’Italie, l’Inter se présentait en terres arctiques avec un « onze » remanié. Pas moins de cinq changements par rapport au match face à la Juventus. Un mauvais choix tactique de la part de Christian Chivu ? Nous pouvons le considérer.
Les Norvégiens, de leur côté, forts de deux victoires consécutives pour clore la phase de poules (contre Manchester City et à l’Atlético Madrid), étaient prêts. Comme pour les Turinois en novembre, on peut rapidement voir que ce n’est pas le cas des intéristes. Glissades et pertes de balles, le club italien n’était pas à l’aise là-haut, dans le Nord. Pour couronner le tout, Bodø/Glimt finit le premier quart d’heure.
Pourtant, les problèmes ne faisaient que commencer pour les intéristes. À la suite d’un tiki-taka made in Bodø/Glimt, Kasper Høgh, dos au but, dévie le ballon pour Fet qui trompe Sommer d’une belle frappe croisée (1-0, 20′). Mais ce but va malheureusement sonner le réveil des intéristes après avoir trouvé le poteau quelques minutes auparavant, Pio Esposito trompe Nikita Haikin de près après un duel de la tête avec Jostein Gundersen, un peu perdu sur l’action (1-1, 30′). Les hommes de Kjetil Knutsen ont montré un tout autre visage après l’ouverture du score mais s’en sont sortis avec un match nul au retour aux vestiaires.
La dynamique démarrée en première période a continué en seconde mi-temps où Bodø/Glimt a laissé le ballon à l’Inter. Mais ce semblant de maîtrise n’était qu’illusion. À l’heure de jeu, les Norvégiens vont , contre toute attente, reprendre les devants. Kasper Høgh, seul à l’entrée de la surface, décide d’être altruiste. Hauge en profite pour fusiller Sommer au premier poteau (2-1, 61′). Et le rêve continue, Kasper Høgh, encore lui, en feu sur les derniers matchs, passe de passeur à buteur après un gros travail de Fet et une passe de Blomberg (3-1, 64′)
Ces deux buts coup sur coup ont littéralement assommé les Milanais qui ne reviendront pas. Les Norvégiens ont de nouveau livré une performance de haut vol.
Surface différente, mais même résultat
Nous l’avons vu par le passé, Bodø/Glimt a toujours eu des difficultés à l’extérieur. Cependant, nous pouvons espérer que cette victoire sur le terrain de l’Atlético a débloqué quelque chose dans les têtes norvégiennes. De plus, les hommes de Kjetil Knutsen sont invaincus depuis la prolongation de ce dernier.
Comme nous pouvons nous y attendre, l’Inter a directement mis le pied sur le ballon. Mais, après avoir longuement parlé de l’attaque, il est temps de parler de Nikita Haikin. Le portier russe, gardien qui compte le plus d’arrêts dans la compétition, a tenu son rang. Di Marco puis Frattesi notamment ont tenté leur chance, sans succès. Après une première mi-temps terne où l’Inter finit avec 74% de possession et Bodø/Glimt un seul petit tir, ces derniers tiennent toujours leur qualification.
Et comme un clin d’oeil, c’est l’ancien de la maison rossonera, Jens Petter Hauge qui ouvre la marque. Sur l’action Akanji décide de se retourner et d’adresser une passe faiblarde à son gardien. Ole Didrik Blomberg en profite mais perd son face-à-face avec Sommer. Heureusement pour lui, Jens Petter Hauge a suivi et poussé le ballon au fond. Le buteur dira par la suite, au micro de CBS, que la consigne était de passer la balle dans une situation comme celle-ci… nous pardonnerons l’ailier droit pour cette fois (0-1, 56′).
Mais tout ceci sera sans conséquence puisque Jens Petter Hauge se muera en passeur et adressera un superbe centre pour Evjen. L’esthète norvégien s’amène le ballon du gauche avant de placer une frappe croisée du droit sur laquelle le portier suisse n’y peut rien (0-2, 72′). L’Inter finira par réduire le score par Bastoni (1-2, 76′) mais l’essentiel n’est pas là. Le score ne bougera plus et Bodø/Glimt continue son aventure dans la compétition. Et sans parler de la maîtrise tactique défensive des Norvégiens, le tournant du match restera la maladresse des hommes de Christian Chivu. Un grand nombre d’occasions ratés alors que les situations étaient plus qu’intéressantes. Même sur le but, ils ont dû s’y prendre à 3 fois et le ballon n’a passé la ligne que pour quelques centimètres.
Les grands favoris pour le titre en Serie A sortent donc par la toute petite porte après leur élimination en finale l’an passé. Kjetil Knutsen et ses joueurs, de leur côté, croiseront le fer avec le Sporting en huitièmes de finale.
