Ståle Solbakken a constitué sa liste dans la plus grande intimité. Seul un cercle très restreint de personnes connaissait l’identité des 26 sélectionnés pour la prochaine Coupe du monde, la première du pays depuis 1998. Les joueurs eux-mêmes n’ont pas été avertis de leur sélection ou non. Ils l’ont découvert en direct, en même temps que nous. Si l’on pouvait assurer avec certitude que certaines identités seraient couchées sur la liste (Haaland, Nusa, Ødegaard, …), d’autres ont surpris par leur présence… ou leur absence.

Image

Les surprises

Au sein du secteur défensif, Henrik Falchener a surpris – positivement – par sa présence. Le défenseur de Viking assure en championnat. Depuis la saison dernière, il fait partie des meilleurs joueurs à son poste en Eliteserien. Grand (1,94 m), puissant, mais surtout très solide dans le jeu aérien, il pourra apporter de la sérénité en défense et du danger sur les coups de pied arrêtés offensifs. Le choix a dû être compliqué pour Ståle Solbakken, car Eivind Helland était également un sérieux candidat à la sélection. Visiblement, son faible temps de jeu à Bologne a pesé dans la balance.

Parmi les 26 noms inscrits, celui de Thelo Aasgaard est peut-être le plus surprenant. Le milieu de terrain des Rangers sort d’une bonne saison, mais a parfois manqué de régularité. La concurrence à son poste était rude. Certains supporters ont exprimé leur incompréhension. Pourquoi lui et pas Håkon Evjen de Bodø/Glimt, par exemple ? Le sélectionneur a expliqué son choix dans les colonnes de NRK. « Thelo est un jeune joueur prometteur qui a le sens du but. C’est aussi quelqu’un qui peut être efficace dans les deux surfaces. Il est solide balle au pied. Il perd rarement le ballon. C’est un joueur passionnant qui, selon nous, a sa place dans l’équipe. »

Il a tout fait pour gagner sa place… et a réussi son pari. Pour la deuxième fois seulement, Ståle Solbakken a décidé de faire confiance à Sondre Langås. Le défenseur de Derby revient pourtant d’assez loin. Blessé aux ischios-jambiers en janvier 2026, il a remué ciels et terres pour revenir à 100% le plus rapidement possible. Il a finalement retrouvé le chemin des terrains à la mi-avril et a plutôt bien enchaîné. Mais comme pour son homologue Henrik Falchener, le voir passer devant Eivind Helland dans la hiérarchie a suscité nombre d’interrogations.

Les absents

Que pouvait-il faire de plus ? Zlatko Tripić n’en finit plus d’empiler les buts et les passes décisives en Eliteserien. Cette saison, en seulement dix rencontres disputées, il totalise d’ores et déjà trois réalisations et treize (!) offrandes. La saison dernière, il a été décisif à 28 reprises. Malheureusement, le natif de Rijeka (Croatie) ne connaîtra pas sa première sélection avec son pays adoptif à 33 ans. À la place, Ståle Solbakken a préféré emmener Jens Petter Hauge avec lui. Un choix incompréhensible pour les supporters du club de Stavanger étant donné que le joueur de Bodø/Glimt n’a marqué qu’un but et délivré qu’une seule passe décisive cette saison. Ses performances en Ligue des champions ont-elles donc suffi ?

Le feuilleton est terminé. Les espoirs se sont envolés. Pour Felix Horn Myhre, la nouvelle doit être très difficile à avaler. Non, le milieu de terrain de Brann ne se rendra pas outre-Atlantique pour la Coupe du monde. Une nouvelle particulièrement compliquée à accepter pour le Norvégien, si excellent en Eliteserien. Probablement le meilleur joueur à son poste au sein du championnat. Ce qui est d’autant plus regrettable, c’est que Ståle Solbakken a décidé d’inclure Fredrik Aursnes parmi les 26 joueurs. Le joueur de Benfica est sorti de sa retraite internationale entamée en 2024 après la qualification de la Norvège à la Coupe du monde. Il est probable que sa sélection coûte donc la place au joueur de Brann.

C’est une absence qui a suscité de nombreuses réactions en Norvège. Pourquoi Aron Dønnum n’a-t-il pas été sélectionné ? Le joueur de Toulouse a connu tous les rassemblements nationaux depuis 2023 et a participé à l’entièreté de la phase qualificative à la Coupe du monde. Malgré cela, Ståle Solbakken a décidé de le snober lors du dernier rassemblement… et pour la CDM également. Visiblement, le sélectionneur a estimé que le secteur offensif était déjà assez complet et a préféré inclure un Thelo Aasgaard plus polyvalent, plutôt qu’un nouveau joueur d’attaque. Dans une courte interview accordée à VG, le Norvégien préfère relativiser : « Je préfère voir le bon côté des choses : je vais assister à la naissance de mon enfant. J’en suis très heureux. C’est l’une des plus belles choses qu’on puisse vivre. »

Les enseignements

Avec cette belle liste de 26 joueurs, les plans de Ståle Solbakken pour cette Coupe du monde sont désormais plus clairs. Il ne fait aucun doute que le Norvégien souhaitera s’appuyer sur une défense physique, rugueuse et solide, notamment dans le jeu aérien. Sur les côtés, les apports de David Møller Wolfe et de Julian Ryerson seront importants.

Nul doute que le plan de jeu sera similaire à ce que l’on a pu voir en phase qualificative. Beaucoup de verticalité avec un jeu rapide et des transitions tranchantes. C’est en cela que les latéraux auront un rôle important, notamment à la relance. Au milieu de terrain, la diversité des profils amène beaucoup d’ajustements possibles. Une véritable mine d’or pour s’adapter à plusieurs situations en cours de match. Martin Ødegaard apportera sa justesse et sa précision, Sander Berge sa créativité et Patrick Berg sa sérénité. Enfin, le secteur offensif sera lui aussi modulable en fonction des rencontres.

Sauf surprise, Erling Haaland sera aligné à la pointe de la formation. Désormais, reste à savoir si Ståle Solbakken décidera de jouer en 4-4-2 ou en 4-3-3 ? Alexander Sørloth sera-t-il aligné à ses côtés ? Ou devra-t-il se contenter d’un rôle plus excentré ? Si le second choix est fait, Oscar Bobb risque de rester sur le banc, ou d’être cantonné à un rôle de milieu droit, très libre et encouragé à aller de l’avant pour qu’Alexander Sørloth puisse repiquer dans l’axe et apporter du physique dans la surface de réparation adverse.

Peu importe la formation, la place d’Antonio Nusa semble être assurée sur l’aile gauche. Mais attention, car le jeune Andreas Schjelderup toque à la porte. Le joueur de Benfica sera assurément utilisé comme un super-sub, mais si ses entrées sont fracassantes, la hiérarchie pourrait bien être bousculée en cours de compétition. D’autant plus que Jens Petter Hauge est lui aussi un candidat naturel à ce poste. Que de qualités !

Les objectifs

Dans ce nouveau format de Coupe du Monde à 48 équipes, les deux premiers de chaque groupe et les huit meilleurs troisièmes se qualifieront pour les 1/16e de finale. Au vu des performances réalisées par la Norvège ces derniers mois, il serait extrêmement décevant de ne pas s’y qualifier.

Le groupe est compliqué, certes. La France fait évidemment office de grande favorite. Le Sénégal semble être l’adversaire principal de nos Norvégiens pour la deuxième place, même s’il ne faut pas sous-estimer l’Irak d’un certain Marko Farji (passé par Strømsgodset) qui connaîtra seulement sa deuxième participation à cette compétition. Nul doute que les joueurs seront donc extrêmement motivés à représenter leur pays. Attention au piège !

Aujourd’hui, ni la sélection nationale ni la fédération n’ont annoncé d’objectifs clairs et précis publiquement. Ne pas sortir des poules serait évidemment un échec. Mais la réussite de parcours se jugera notamment en fonction de l’adversaire rencontré à chaque tour en cas de qualification en phase éliminatoire. Pas d’objectif donné donc, à part celui d’aller le plus loin possible, sans complexe.

Pour en savoir encore plus sur la sélection norvégienne, n’hésitez pas à aller visionner notre intervention sur le plateau d’RMC Sport en compagnie de Loris Mettler, milieu de terrain d’HamKam, juste ici.

Laisser un commentaire