Né à Beauvais, la carrière d’Adam Le Goff-Conan a pris une trajectoire plutôt rare. S’il a assurément le football dans les veines, le jeune franco-finlandais (18 ans) l’a découvert avec l’HJK, en Finlande. Alors qu’il n’avait pas encore un an, ses parents, tous les deux français, ont pris la destination du pays aux mille lacs en 2008 pour des raisons professionnelles. C’est dans le plus grand club de la capitale qu’il a fait, à cinq ans, ses premiers pas dans le monde du ballon rond.

Petit à petit, l’arrière droit grimpe les échelons et évolue actuellement au Klubi 04, la réserve de l’HJK, en deuxième division. Son ancien entraîneur, Aleksi Lalli, le décrivait sur le site du club comme « un joueur qui travaille dur, un élève modèle. Je ne me souviens pas d’un moment où il aurait perdu de la motivation, il se donne toujours à fond. Toujours prêt à travailler et avide de conseils. »

« Tout le monde est conscient que c’est un des plus gros face-à-faces de notre carrière jusqu’à aujourd’hui. »
Adam Le Goff-Conan

Pour ce mercredi 25 février (coup d’envoi à 14 h), le tirage au sort a décidé de lui faire un beau cadeau. Supporter du Paris Saint-Germain depuis petit, il aura l’occasion d’affronter son club en 1/8e de finale de Youth League. Un stade de la compétition jamais vu dans l’histoire pour un club finlandais. « Quand j’ai appris qu’on allait jouer le PSG, tout le monde est venu me dire « On joue chez toi ! » puisque je suis connu pour être le petit français du groupe. C’est trop bien. Ça va être une très belle expérience, même si exceptionnellement je ne vais pas être du côté du PSG sur ce match (rires) ».

Une confrontation compliquée, d’autant plus qu’elle se jouera au Campus PSG (à Poissy). Pas de quoi effrayer le jeune footballeur. « Nous abordons ce match comme les précédents. Nous respectons chaque adversaire de la même manière, peu importe le niveau. Certes, c’est un gros club, ça sera difficile, mais on s’est bien préparés. Tout le monde est conscient que c’est un des plus gros face-à-faces de notre carrière jusqu’à aujourd’hui. » Une belle mentalité renforcée par le parcours historique réalisé par les jeunes de l’HJK. 

Tout a commencé en septembre. Pour son entrée en lice, le club finlandais a éliminé le club lituanien FK Be1 (5-1, cumulé). Si sur le papier la qualification est logique, c’est lors de cette double confrontation que la formation finlandaise est passée dans un état d’esprit différent. « Le match aller n’était vraiment pas terrible. On sentait que l’on pouvait faire mieux et on l’a prouvé au retour avec un succès 4-0. Et c’est là, lors du match retour, qu’il y a eu un déclic. On était entrés dans quelque chose d’autre, de plus grand. Je n’avais jamais vu mes coéquipiers comme ça sur le terrain. Là, on s’est dit « oui, on peut faire quelque chose dans cette compétition » »

Un exploit XXL contre Manchester City

Un bon présentiment, puisque derrière le club finlandais élimine le vice-champion en titre Trabzonspor grâce à un succès sur la pelouse du club turc (3-2, cumulé). Un bel exploit, déjà ! S’ensuit une double confrontation contre Genk. Encore une fois, les hommes de Perparim Hetemaj se sont montrés ultra-solides… mentalement. « Notre premier match est bon et nous gagnons 1-0. En revanche, le retour a été notre duel le plus difficile à gérer de toute la compétition. Nous réalisons une première période catastrophique et encaissons deux buts. Mais sur le deuxième, un de leurs joueurs (N.D.L.R. : Alpha Barry) a giflé notre gardien. Ils ont donc terminé à dix et ça a été le tournant du match. On a égalisé à la 90+2e et on s’est qualifiés. Nous n’avons pas été beaux, mais on a rallié le tour suivant donc nous étions contents. » Pour les 1/16es de finale, du jamais vu en Youth League dans l’histoire d’un club finlandais, le tirage au sort n’a pas été tendre : Manchester City. « On savait que l’on avait déjà marqué l’histoire, mais ça ne nous suffisait pas. On voulait encore plus. »

Le rendez-vous était donc fixé le 4 février 2026… à la Bolt Arena d’Helsinki. Une rencontre qui a réuni pas moins de 9 000 supporters. C’est plus que pour les matchs de l’équipe première ! Avant la rencontre, les conditions de jeu étaient terribles pour les Anglais. La neige ne cessait de tomber et le mercure affichait -12 degrés. Le football nordique dans toute sa splendeur ! « Notre coach nous disait que les conditions de jeu étaient pareilles pour les deux équipes, mais moi je vois quand même ça comme un avantage pour nous. On est habitués. Mais quand même, je n’ai pas le souvenir d’avoir joué dans des conditions aussi froides. » Sur le terrain, les jeunes finlandais créent la surprise en menant par trois fois au score grâce à une efficacité clinique, mais se font rejoindre à chaque fois (3-3). La séance de tirs au but a donc départagé les deux formations. Et à ce petit jeu, ce sont Adam Le Goff-Conan et ses coéquipiers qui en sont ressortis gagnants grâce à un magnifique 5/5. Dans une Bolt Arena en fusion malgré la température, l’HJK vient d’éliminer Manchester City et de se qualifier en 1/8e de finale de la Youth League. Nouvel exploit.

Pas mal pour une première non ? Car, oui… c’est la première fois que le Franco-Finlandais participe à cette compétition. D’autant plus qu’il n’a pas été montré à son avantage. « Mon poste de prédilection est latéral droit. J’aime être offensif, faire des courses vers l’avant, aider mon ailier, provoquer, dédoubler. Aussi, je suis agile, rapide et endurant. Un jour, mon coach vient me voir et me dit « Adam, on a une surprise pour toi. » Avant le match retour contre Trabzonspor, on m’a annoncé que j’allais jouer milieu offensif en raison d’une blessure au sein l’effectif. Je n’avais jamais joué à ce poste. Ça a été, je me suis débrouillé. Je pense que j’ai été choisi car je suis capable de presser fort tout au long du match. Mais je préfère quand même mon couloir droit. » Alors contre le Paris Saint-Germain, retour au poste de latéral droit ou maintien au cœur du jeu ? Surprise…

Une carrière en France envisagée ?

En tout cas, cette confrontation permettra à Adam Le Goff-Conan de reposer un pied dans son pays natal. Chose qu’il fait rarement, environ une fois par an, pour aller revoir de la famille à Noël. Cependant, l’avantage pour ses coéquipiers et le staff, c’est que le Beauvaisien de naissance est bilingue. Pratique pour préparer un déplacement dans la capitale. Il avait déjà été très utile lors d’un déplacement à Saint-André-lez-Lille en 2024 à l’occasion du 26ème Tournoi de football de Saint-André-lez-Lille U17. « Il s’est occupé de tout, il a été notre interprète et notre guide, se remémorait Aleksi Lalli, son ancien entraîneur. D’habitude, c’est un garçon plutôt calme, mais là-bas, il s’est occupé de tous les aspects pratiques en français et a clairement apprécié ce rôle. »

Aujourd’hui, son objectif est clair : jouer avec l’équipe première et avec la sélection finlandaise. « Pour ma nationalité sportive, il faut être honnête et réaliste. Je ne me pense pas assez bon pour viser l’équipe de France. Je me doute bien qu’ils ne vont pas aller chercher un joueur en Finlande. Donc j’ai fait le choix du pays dans lequel j’ai grandi. » Et pour sa carrière en club ? Le Franco-Finlandais espère jouer le plus haut possible. Un défi en Ligue 1 l’intéresse évidemment, mais un projet en Ligue 2 aussi. Alors si des recruteurs nous regardent, allumez la télé ce mercredi 25 février et profitez de cette rencontre historique face au PSG pour avoir un premier aperçu d’Adam Le Goff-Conan ! En tout cas, nous, on sera là.

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