Le Boldklubben Häcken, fondé en 1940, est basé dans la partie nord de Göteborg, sur l’île d’Hisingen. Longtemps resté dans l’ombre de son voisin de l’IFK Göteborg, le club tire son épingle du jeu depuis une dizaine d’années. Champion de Suède pour la première fois de son histoire en 2022, il a surtout fait de la Svenska Cupen sa spécialité, remportant quatre des dix dernières éditions, dont celle de 2025, qui lui permettra d’accueillir le Racing Club de Strasbourg le 6 novembre 2025. C’est donc à la faveur de ce nouveau succès en coupe que le BKH a obtenu son ticket continental.
Qualifiés pour les tours préliminaires de Ligue Europa, les Suédois ont d’abord écarté les Slovaques du Spartak Trnava, avant de réaliser une belle performance en sortant le RSC Anderlecht, puis de buter sur Brann au 3e tour (1-2 au cumulé) et d’être ainsi reversés en barrage de Ligue Conférence. Jens Gustafsson et ses hommes ont alors pulvérisé les Roumains de Cluj (7-2 à Göteborg, défaite 0-1 à Cluj) pour s’offrir une place en phase de ligue. Après une aventure en poules de C3 en 2023/24 conclue par six défaites en autant de rencontres, ce sera là une première participation au tour principal de Conference League.
En championnat, la saison est pourtant compliquée. Häcken est englué dans le ventre mou et l’enchaînement des matchs n’a pas fait du bien. Alors qu’il est convaincant, voire parfois séduisant sur la scène européenne, à l’heure où nous écrivons ces lignes, le club compte douze défaites, huit nuls et neuf victoires en Allsvenskan.
Une situation que les joueurs eux-mêmes ne digèrent pas. « Nous avons l’air apathiques et un peu fatigués » disait Adam Lundqvist après une nouvelle défaite face à Öster le 17 août. « Nous devons être capables de jouer n’importe quel match, peu importe qui nous affrontons ou quand nous les affrontons. Nous devons être beaucoup plus professionnels que nous l’avons été cette saison ». Avec une dixième place loin devant la zone rouge, on peut imaginer que le BKH disputera la Conference League, bien plus lucrative, sans trop de craintes.
Au moment d’accueillir le Racing, il ne reste qu’un match d’Allsvenskan aux Noir et Jaune. Selon toute vraisemblance, et sauf blessure, Jens Gustafsson devrait cependant toujours s’appuyer sur ses cadres défensifs Marius Lode et Adam Lundqvist, ainsi que sur l’expérience internationale de sa nouvelle recrue Filip Helander, 23 sélections et plusieurs saisons en Serie A ou aux Rangers notamment. Offensivement, il espère pouvoir compter sur Amor Layouni. Le virevoltant Tunisien de 32 ans, généralement aligné sur l’aile droite, en est à 5 buts et 5 passes décisives en championnat, tout en ayant délivré… 5 passes décisives lors de la seule victoire 7-2 de son équipe face à Cluj. Les débuts du Finlandais Adrian Svanback et du Danois Sanders Ngabo, tous deux 21 ans et recrutés cet été, sont également très prometteurs.
Danilo AlSaed, débarrassé pour l’instant de ses blessures, et Isak Brusberg auront aussi leur carte à jouer. L’atout principal de cet effectif réside néanmoins dans son milieu de terrain. On y retrouve le métronome Simon Gustafson, mais aussi les belles pattes du vétéran Mikkel Rygaard (34 ans), de Samuel Leach Holm et du talentueux Pontus Dahbo dont on attend encore la véritable éclosion. Surtout, gardez un œil sur le jeune Silas Andersen, 21 ans. Post-formé à Utrecht, le Danois est arrivé en janvier, et du haut de son mètre quatre-vingt-dix, chaussettes baissées, il vole de duel en duel tel un affamé. Solide, adroit balle au pied, de la tête, il peut évoluer en tant que défenseur central, milieu défensif ou box-to-box. Bref, il sait tout faire. Qui sait, cette rencontre pourrait même lui permettre de convaincre le board strasbourgeois, avide de talents, de cocher son nom pour les prochains mercatos.
Habituellement logé à la Bravida Arena (6 300 places), le BK Häcken recevra au Gamla Ullevi (18 000 places), distant d’à peine trois kilomètres et qu’il a déjà connu par le passé, mais désormais occupé par ses rivaux locaux. Un déménagement qui a son importance, puisque l’on passe d’un gazon synthétique à une pelouse naturelle. Rendez-vous est pris le 6 novembre à 21h00, sur les rives du Kattegatt.
