Bonjour Barkley. Tout d’abord, merci de partager un bout de temps avec moi pour le site Nordisk Football.

 

Comment es-tu venu dans le monde du football lorsque tu étais jeune ?

Bonjour, merci à vous pour l’intérêt que vous me portez. C’est avec un grand plaisir que je vais répondre à vos questions.

Je suis arrivé dans le monde du football par passion. J’ai grandi dans un quartier à Paris dans le 18ème arrondissement et à l’époque c’était soit trainer dehors et faire des bêtises à longueur de journée ou jouer au foot. Avec l’éducation que j’ai eue, je n’avais pas le droit de faire des écarts.

Tout a réellement commencé à 13 ans par un sport étude pendant deux ans. Pendant mon apprentissage, avec ma famille, on a reçu plusieurs sollicitations de club professionnel dont le FC Nantes ou encore Le Havre AC pour qui j’avais eu une affection particulière pour l’accueil, les installations, les équipements. De plus des amis étaient déjà dans ce club, c’était mon club de cœur.

En 2008, tu files à Most (en République Tchèque) au FK Banik (D2 Tchèque à l’époque). Pour quelle raison ? Comment as-tu vécu ton année là-bas, loin de la France ?

Effectivement, après avoir visité les installations et pour des raisons personnelles, avec l’accord de mes parents j’ai fait le choix de signer en République Tchèque. Cela s’est fait suite à un agent. C’était une occasion à saisir.

Partir loin de son pays natal n’est jamais facile mais à ce moment-là, je ne pense à rien. Tout ce qui m’anime c’est réussir.

De 2009 à 2012, tu vas vivre une expérience anglaise, en t’engageant au Queens Park Rangers. Que retiens-tu de ce passage ?

Je ne retiens que du bonheur, notamment la monté du club en Premier League. Ce fut une très bonne expérience humaine et sportive malgré que j’y aie laissé des plumes. Je dois aussi avouer qu’étant partie très jeune à l’étranger, seul face à mes difficultés et peut-être mal conseillé, j’ai logiquement commencer à ressentir le manque du Pays, de ma famille et de mes amis.

Retour en France, avec Sarlat, Moulins, Saint-Brévin, Les Sables d’Olonne et Orléans. Tu es passé par toutes les divisions françaises amateur, en allant de la CFA (N2) jusqu’à la PH (R3). Qu’est-ce que cela t’a apporté, appris sur toi ? Cette « remise en question » a-t-elle été bénéfique pour toi ?

En effet, cette remise en question a été très bénéfique. Elle m’a tout d’abord permis de me forger. Ensuite de reprendre goût et surtout le plaisir de jouer au football.

De retour dans mon pays avec ma famille et mes proches autours de moi, je n’avais rien à prouver, à personne sauf à moi-même. J’ai donc mis mon passé et mes erreurs derrière moi et je me suis mis au travail. Avec mon entourage, nous avons fait une rétrospective et je me suis dit que mon retour en France était une nouvelle page de ma vie, que j’allais repartir à zéro et que je verrais ce qui se passerait par la suite, voilà le projet qui fut mis en place. Je partais de loin mais j’avais la foi et dans un coin de ma tête, je n’ai jamais renoncé à mon objectif premier celui de devenir footballeur professionnel. Je me suis remis en question et j’ai décidé de franchir les étapes les unes après les autres.

 

Un mot sur Moulins, concernant le parcours historique du club qui est allé en Quart de Finale de la Coupe de France ?

C’était énorme ! Ce parcours restera une aventure inoubliable pleines d’émotions et il faut dire que les supporters nous l’ont bien rendu, on a connu la ferveur d’une ville et un soutiens au quotidien. J’en garde de très bons souvenirs et encore merci aux Moulinois !

A Saint-Brévin, tu as connu Guillaume Moullec en tant qu’entraîneur (ancien joueur de Montpellier, Lorient, Nantes et Clermont Foot). Quel est son style de jeu, et ta relation avec lui ?

Au vu de son parcours et des clubs prestigieux par lesquels il est passé, j’étais très emballé à l’idée de travailler avec Guillaume.

On avait un style de jeu basé sur l’offensive. On finira meilleure attaque du championnat. C’est d’ailleurs dans ce club que j’inscris 17 buts pour autant de passes décisives. Le coach nous a apporté son expérience et son professionnalisme. Il souhaitait que l’on construise de derrière et qu’on se projette rapidement vers l’avant avec des attaques rapides et placées. Nos relations, ont été et sont toujours très amicales. D’ailleurs pour la petite histoire, le FC Nantes qui n’était pas très loin, nous avait approchés mais les discussions n’étaient pas aller plus loin.

Je n’oublie pas mes amis Florent Vagnetti et David Recorbet et surtout un président en Or : Mr Legoux, qui a tout mis en oeuvre pour que je sois dans les meilleures conditions. Ainsi que Mr Jöel Delpierre (Ancien footballeur Metz, Nancy, Angers). Aujourd’hui à l’UNFP, originaire de la ville de Saint-Brévin, qui m’est de bon conseil.

D’Orleans, tu débarques en… D2 Suède, dans le club de Syrianska, situé à Södertälje (à 30 km de Stockholm). Une destination surprenante, comment cela s’est-il passé ?

Une destination surprenante pour certains mais pas pour moi. Les dirigeants du Syrianska Football Club m’ont approché une première fois en Décembre. Mon envie principale était de rester à l’US Orléans car je m’y sentais bien, de ce fait, pour mon équilibre j’ai décidé de finir la saison. En fin de saison le SFC est revenu avec un projet sérieux pour moi donc je me suis engagé avec le club Suédois et je suis très content de mon choix.

 

Je tiens d’ailleurs à remercier Monsieur Cordonnier (Ex. Directeur sportif US Orléans) qui m’a fait confiance et à cru en moi à un moment important de ma carrière.

Comment s’est passé ton intégration dans le club ? La communication avec tes nouveaux coéquipiers n’est pas difficile ?

J’ai été très bien intégré (appartement, voiture etc..). C’est un club familial comme j’ai pu connaître auparavant. L’équipe dirigeante est à notre écoute et je m’y suis senti très vite comme chez moi. L’anglais est la deuxième langue du Pays après le Suédois et depuis mon passage chez nos amis British je parle l’anglais couramment donc avec mes coéquipiers, on a pu échanger et se comprendre rapidement.

Tu as été retenu deux fois dans le groupe avec le club en Superettan, comment trouves-tu le niveau global du championnat ? Si tu devais le situer par rapport aux équipes françaises notamment.

Si je dois comparer, le niveau est équivalent à celui de la France (Ligue 2), je pense qu’il y a plus d’engagement physique mais au niveau technique il n’y a pas de différence. C’est peut-être tactiquement que ça change et cela ne reste que mon avis personnel bien-sûr.

Après, c’est normal car chaque pays est différent. Par exemple, le football pratiqué en Angleterre et celui pratiqué en Espagne ne se ressemblent pas et c’est ce qui fait la richesse de ce sport universel.

Désormais prêter Oskarshamns AIK (Division 1 Södra soit la D3 Suède), qu’attends-tu de ce prêt ?

Le prêt fait partie du projet que l’on m’a proposé dès ma signature avec Syrianska. L’idée était d’apprendre, continuer à progresser et de m’adapter rapidement au football et la culture suédoise, avec un maximum de temps de jeu dans un club ambitieux.

 

Comment trouves-tu la vie en Suède, et dans la ville de Södertälje plus précisément ?

La vie est cool ici, on observe de très beaux paysages. Les gens sont posés, calmes et à l’écoute. J’aime beaucoup les fans qui sont à fond derrière nous.

Une journée en Suède pour toi, à quoi ressemble-t-elle ?

Réveil à 8h je prends mon petit déj et me prépare tranquillement pour aller à l’entrainement qui débute généralement à 10h30 sur le terrain. Nous finissons l’entraînement collectif aux alentours de 12h, après ça pour moi c’est direction la salle de musculation pour un peu de renforcement ou je reste sur le terrain pour travailler un peu plus. Une fois que j’ai fini, je prends ma douche et des soins auprès des kinésithérapeutes si j’en ressens le besoin. Ensuite, je me dirige vers le restaurant partenaire du club en ville pour manger. Après, je rentre à la maison pour ma petite sieste quotidienne.

L’après-midi, je me détends en regardant des films, en jouant à la Playstation, ou je lis. Enfin le soir, je dîne à la maison et je me couche vers 23h.

Comment vois-tu ton avenir ? Poursuivre ta progression en Suède ou te rapprocher de la France ?

Pour l’instant je suis sous contrat avec Syrianska, je vais donc d’abord me concentrer sur mon travail ici ensuite on verra car comme vous le savez dans le foot tout va très vite. Je réalise tous les jours le plaisir et la chance que j’ai de pratiquer ce sport au quotidien et donc je ne lésine pas sur les efforts car quand tu es tombé une fois, tu sais ce que c’est, et tu réalises mieux la chance qui s’offre à toi.

Quel type de joueur es-tu ? Tes qualités ? Les points à améliorer ?

Je me décrirais comme un joueur assez athlétique, rapide et simple, qui aime le beau jeu. J’évolue sur tous les fronts de l’attaque car là je peux faire parler mes qualités : la puissance, la vitesse, la vision de jeu. J’aime prendre la profondeur par des appels tranchants en diagonal ou décrocher et partir balle au pied.

Concernant les points à améliorer, je pense que je dois prendre plus souvent mes responsabilités et tirer plus souvent au but. Je travaille dur au quotidien pour cela.

Dans quelle équipe aimerais-tu jouer ? Un championnat que tu affectionnes particulièrement ?

Franchement, tant que je peux jouer au haut niveau dans un bon championnat et prendre du plaisir je suis heureux.

Pour citer des clubs, c’est vrai que Le Paris-Saint-Germain et le Réal Madrid me font rêver depuis tout petit. Le PSG car je suis natif de Paris et le Réal car c’est un club incroyable avec une histoire et un passé qui me fascine notamment avec les passages des plus grands.

Né à Paris, tu es international angolais (3 sélections pour 1 but). Raconte-nous ton expérience au sein de la sélection. Comment les dirigeants t’ont-ils repéré ?

Tout à fait, je suis né à Paris de mes deux parents qui sont nés en Angola puis qui se sont naturalisés français.

C’est avec un grand honneur que j’ai répondu à ma première convocation en Juin 2015 pour rejoindre les Palancas Negras (les Panthères noires). Le sélectionneur Romeu Filemon qui ne l’est plus aujourd’hui, avait apprécié mon passage avec l’AC St Brévin et grâce à Dieu, j’ai été contacté une première fois par l’intendance de la sélection pour participer aux stages de qualification pour la CAN 2017 et la coupe du monde 2018,

La stratégie de l’équipe nationale était de rajeunir la sélection en appelant des nouveaux joueurs dont moi. Porter les couleurs de mon pays d’origine était tout simplement incroyable. De plus c’était la première fois que j’allais en Angola. Ce fut des moments où j’ai ressenti beaucoup d’émotions, j’ai rendu fier ma maman et mon papa et ça, ça n’a pas de prix. Tout le peuple était derrière nous, ils étaient là à chaque rendez-vous (entrainement, déplacement, devant l’hotel etc..).

J’ai eu le plaisir de retrouver des amis: Dolly Menga (SC Braga), Bastos Quissanga (SS Lazio), Joaquim Adao (FC Sion), Clinton Mata (KRC Genk) ainsi que Jonathan Buatu (Wasseland Beveren) et Ary Papel (Sporting CP).

Malheureusement, nous ne nous sommes pas qualifiés mais on continue d’apprendre dans nos clubs respectifs. J’espère que pour les prochaines échéances, nous réussirons à atteindre nos objectifs ce qui ferait énormément de bien au pays ainsi qu’au peuple Angolais.

Encore merci pour votre intérêt et merci à tous ceux qui me suivent au quotidien via les réseaux sociaux ou autre. Un gros big up au lecteur de Nordisk Football et à bientôt.

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Barkley MIGUEL PANZO.

Merci à lui d’avoir pris du temps pour répondre à nos questions, nous lui souhaitons une bonne continuation à Oskarshamn AIK, et dans sa carrière en générale.

 

Barkley Miguel Panzo en bref :

Né le 9 Septembre 1992, joueur passé par :

2005-2008 : AC Boulogne-Billancourt

2008-2009 : FK Banit Most (République Tchèque)

2009-2012 : Queen’s Park Rangers (Angleterre)

2012-2013 : FC Sarlat Marcillac

2013-2014 : AS Moulins

2014-2015 : AC Brévinois

2015-2016 : TVEC Les Sables d’Olonne

2016-2017 : US Orleans

2017 – ???  : Syrianska FC (Superettan)

-> prêt à Oskarshamn AIK (Division 1 Södra) (2017)

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