Régularité. Voici le maître mot qui peut résumer les performances de l’équipe féminine de Suède dans les grandes compétitions. Présente lors des 7 éditions de la Coupe du Monde, les jaunes et bleues ont atteint la finale en 2003 (défaite contre les USA) et ont finies 2 fois sur la troisième marche du podium.

Cependant, comme leurs voisines norvégiennes, bien que dans une moindre mesure, les derniers résultats en compétitions internationales se sont avérés plutôt décevants. L’équipe semble actuellement à un tournant, plusieurs cadres vivant certainement leur dernier grand rendez-vous, alors que plusieurs jeunes talentueuses ont été incorporées. Ce mélange entre fougue et expérience pourrait faire de la Suède une des équipes à surveiller et une des surprises de ce mondial.

Historique en Coupe du Monde :

🥈 Coupe du Monde 2003

🥉 Coupe du Monde 1991, 2011

La Suède fait partie des 7 équipes qui ont participé à toutes les éditions de la Coupe du Monde depuis 1991. Malgré cette régularité les Suédoises ont connu des fortunes diverses dans le tableau final. Pour la 1re Coupe du Monde féminine disputée en Chine en 1991, l’équipe sort 2e d’une poule qui ferait frémir aujourd’hui, comprenant les USA, le Brésil et le Japon. Dans la phase à élimination directe, les joueuses de Gunilla Paijkull éliminent en ¼ le pays hôte sur le score de 1 à 0 avant de céder largement en ½ finale contre les voisines norvégiennes 4 buts à 1. Lors du match pour la 3e place elles se vengent contre l’Allemagne, à qui elles infligent un cinglant 4-0 pour finir cette 1re coupe du monde sur la 3e marche du podium.

En 1995, la Suède accueille la Coupe du Monde. Dans un groupe quasiment identique à celui de 1991, avec l’Allemagne à la place des USA, les Suédoises dirigées par Bengt Simonsson finissent une nouvelle fois à la 2nde place derrière l’Allemagne. En ¼ de finale, elles retrouvent une nouvelle fois la Chine pour la revanche de 1991. Et une nouvelle fois ce sont les visiteuses qui éliminent l’équipe hôte, la Chine l’emportant aux tirs au but après un match nul un partout, suscitant une énorme déception chez les Suédoises. C’est encore en ¼ de finale que s’arrêtent le parcours des jaunes et bleues aux USA en 1999. Sorties 2nde de leur groupe derrière la Chine, elles s’inclinent une nouvelle fois contre les Norvégiennes 3 buts à 1.

En 2003, toujours aux Etats-Unis, la Suède réussit son meilleur parcours en atteignant la finale. Après avoir finies une nouvelle fois 2e de leur groupe, derrière les USA, l’équipe entrainée par Marika Domanski-Lyfors élimine le Brésil en ¼ de finales 2 buts à 1 puis le Canada en ½ finales sur le même score. En finale, les Suédoises sont opposées à l’Allemagne. Malgré l’ouverture du score de Ljungberg à la 41e minute, elles finissent par s’incliner 2 à 1 après prolongations. C’est une nouvelle très grosse déception pour l’équipe qui n’a jamais été aussi près d’un 1er titre mondial.

L’édition 2007 qui se tient de nouveau en Chine, voit la Suède réaliser sa plus grosse contre-performance dans la compétition, l’équipe ne parvenant pas à passer la phase de groupe. Les Suédoises laissent la 2nde place qualificative à la Corée du Nord au profit d’une meilleure différence de buts. Le mouvement de balancier se poursuit en 2011 en Allemagne où l’équipe réalise un très bon tournoi. Dans le groupe des Etats-Unis, avec la Corée du Nord et la Colombie, elles se permettent de finir cette fois à la 1ère place après une victoire 2 à 1 sur les Américaines. En ¼ de finale, les filles de Thomas Dennerby s’imposent aisément 3 à 1 devant l’Australie mais ne peuvent rien en ¼ de finale contre le Japon, futur vainqueur de la compétition, en s’inclinant sur le même score. En match pour la 3e place la Suède s’impose 2 à 1 contre la France, qui parvient pour la 1ère fois à ce stade de la compétition, avec notamment un but de Lotta Schelin.

Les dernières compétitions de la sélection suédoise :

Après avoir atteint les demi-finales de l’Euro 2013 qu’elles jouaient à domicile, les Suédoises héritent d’entrée d’un groupe difficile lors de la Coupe du Monde 2015 au Canada. Celui-ci comprend les USA, l’Australie et le Nigéria. D’entrée en difficulté contre le Nigéria (match nul 3-3), les coéquipières de Lotta Schelin enchaînent 3 résultats nuls et sont la dernière équipe repêchée parmi les « meilleures 3e » grâce à leur meilleure différence de but que la Thailande. Leur parcours s’arrête dès les 8e de finales, sorties sèchement par l’Allemagne 4 buts à 1.

À l’Euro 2017 aux Pays-Bas, les Suédoises retrouvent l’Allemagne en phase de groupe (match nul 0-0) et se qualifient une nouvelle fois de justesse malgré une défaite surprise contre l’Italie. Et comme en 2015 leur parcours s’arrête dès le tour suivant, sur le score de 2 à 0 par les futures lauréates hollandaises. Leur parcours aux J.O de Rio en 2016 atténue cette impression de déclin des résultats puisqu’au Brésil, les Suédoises atteignent la finale (en éliminant les USA au passage) où elles s’inclinent une nouvelle fois contre l’Allemagne. Il a cependant fallu un nouveau repêchage en tant que 3e de poules ainsi que 2 séances de tirs au but pour aller chercher cette médaille.

La qualification de la Suède :

Pour les éliminatoires de la Coupe du Monde 2019, les Suédoises se retrouvent dans un groupe composé du Danemark, de l’Ukraine, de la Hongrie et de la Croatie. Le tournant des éliminatoires a lieu dès la seconde journée. Alors qu’elles doivent affronter la Suède à Göteborg, les joueuses danoises en conflit avec leur fédération refusent de jouer le match.

Victoire 3-0 sur tapis vert, les Suédoises prennent la tête du groupe et ne la lâcheront plus. Malgré une défaite inattendue en Ukraine, elles confirment la 1ère place et la qualification directe en allant s’imposer 1 à 0 au Danemark lors de la dernière journée sur un but de la Montpelliéraine Sofia Jakobsson.

Les résultats :

Croatie – Suède 0-2 / Suède – Croatie 4-0

Suède – Danemark 3-0 / Danemark – Suède 0-1

Suède – Hongrie 5-0 / Hongrie – Suède 1-4

Ukraine – Suède 1-0 / Suède – Ukraine 3-0

La sélection suédoise :

Le groupe suédois est un mélange équilibré de joueuses évoluant dans le championnat domestique et d’expatriées dans de grands clubs européens. L’équipe ne sera d’ailleurs pas en terrain inconnu en juin, pas moins de 6 joueuses portant ou ayant porté les couleurs d’une équipe française. Comme chez les hommes la tendance semble cependant être au retour au pays puisque de grands noms comme Seger, Asllani, Blackstenius et très récemment Fisher ont quitté leurs clubs respectifs pour des équipes suédoises.

Plusieurs jeunes issues des équipes vainqueurs de l’Euro des moins de 19 ans en 2012 et 2015 ont intégrées la liste pour la France, on peut notamment citer le duo offensif de Linköping Mimmi Larsson et Lina Hurtig et bien sûr Stina Blackstenius. L’équipe reste cependant expérimentée avec une moyenne d’âge de 27 ans, la doyenne étant la gardienne de 36 ans Hedvig Lindahl évoluant à Chelsea et la plus jeune, l’attaquante de Göteborg Julia Zigiotti Olme et ses 21 ans.

Gardiennes: Jennifer Falk (Kopparberg/Göteborg FC), Hedvig Lindahl (Chelsea), Zecira Musovic (FC Rosengård)

Defenseuses: Jonna Andersson (Chelsea), Nathalie Björn (FC Rosengård), Magdalena Eriksson (Chelsea), Nilla Fischer (Vfl Wolfsburg e.V.), Hanna Glas (Paris Saint-Germain), Amanda Ilestedt (1. FFC Turbine Potsdam), Linda Sembrant (Montpellier Hérault SC)

Milieux: Anna Anvegârd (Växjö DFF), Kosovare Asllani (Linköpings FC), Lina Hurtig (Linköpings FC), Julia Roddar (Kopparbergs/Göteborg FC), Elin Rubensson (Kopparbergs/Göteborg FC), Caroline Seger (FC Rosengård)

Attaquantes: Stina Blackstenius (Linköpings FC), Sofia Jakobsson (Montpellier Hérault SC), Madelen Janogy (Piteå IF DFF), Mimmi Larsson (Linköpings FC), Fridolina Rolfö (FC Bayern München), Olivia Schough (Djurgårdens IF FF), Julia Zigiotti Olme (Kopparbergs/Göteborg FC)

Coach : c’est l’entraineur Peter Gerhardsson qui sera à la tête de la sélection. Il n’a connu qu’une seule autre expérience à la tête d’une équipe féminine, au Bälinge IF en 1997-98, avant de prendre en charge la sélection en 2017. Il a également dirigé les sélections de moins de 16 ans et 17 ans masculines et remporté la coupe de Suède avec le BK Häcken en 2015-16.

Classement FIFA : 9e.

La préparation à la Coupe du Monde :

Comme la Norvège, la Suède s’est préparée en jouant l’Algarve Cup au Portugal du 27 mars au 6 avril. Après une victoire initiale contre la Suisse 4 buts à 1, les Suédoises se sont inclinées 2 buts à 1 en toute fin de match contre le Portugal. Qualifiées malgré tout pour le match de classement pour la 3e place, les jaunes et bleues s’inclinent de nouveau contre le Canada aux tirs au but après un match nul 0 à 0.

En match de préparation, les Suédoises ont été battues 2 buts à 1 par les Allemandes avant de s’imposer devant l’Autriche 2 à 0 sur des réalisations de Bjorn et Jakobsson. Lors de leur dernier match de préparation, et avec une équipe très proche de celle qui devrait débuter la Coupe du monde, les coéquipières de Nilla Fischer s’imposent contre la Corée du Sud 1 but à 0 grâce à une réalisation tardive de Madelen Janogy.

♥ La star : Stina Blackstenius

Crédit photo : Instagram Stina Blackstenius.

L’héritière. C’est le difficile statut qui pèse sur les épaules de la suédoise Stina Blackstenius. Depuis la baisse de régime progressive et la retraite forcée en 2018 de la légendaire Lotta Schelin, la jeune attaquante est unanimement perçue comme sa successeure désignée. Il faut dire que la native de Vadstena est d’une précocité rare. Sa carrière débute à 15 ans dans le club de sa ville natale en 3e division suédoise, où elle inscrit dès sa 1ère saison 38 buts ce qui en fait la meilleure buteuse de l’exercice. En tout elle trouvera à 59 reprises le chemin des filets pour 35 apparitions seulement avec son club formateur !

Cette réussite ne passe pas inaperçue et la jeune Stina signe pour la saison 2013 un contrat avec le Linköpings FC, l’une des meilleures équipes du pays. Durant sa 1ère saison, dans l’élite elle scorera 8 fois et donnera 3 passes décisives. Sélectionnée chez les équipes nationales de jeunes elle se révèle internationalement lors de l’Euro des moins de 19 ans en 2015 en Israël. Elle inscrit 6 buts durant le tournoi, terminant meilleure buteuse de la compétition, avec notamment un doublé en finale contre l’Espagne et sera élue meilleure joueuse du tournoi. Fin 2015, elle est appelée pour la 1ère fois en sélection nationale séniore. Elle fera partie de l’épopée Olympique suédoise de 2016 à Rio en étant la plus jeune joueuse du groupe et marquera notamment les esprits par son but face aux USA en ¼ de finale, préfigurant la victoire surprise des scandinaves.

L’intérêt des grands clubs européens est éveillé et la jeune Suédoise signe en janvier 2017 un contrat de 3 ans avec le club français de Montpellier où elle retrouve ses compatriotes Sofia Jakobsson et Linda Sembrandt. Elle impressionne d’entrée en marquant le but décisif de la victoire contre le PSG pour sa 1ère entrée en jeu avec sa nouvelle équipe ! Pour sa 1ère saison, elle inscrit 13 buts en 14 apparitions avec les Héraultaises contribuant grandement à qualifier le club pour la Ligue des Champions féminine pour la 1ère fois depuis 2006. Mais Stina a le mal du pays et souhaite déjà retourner en Suède. Au vu de la qualification, elle continue néanmoins et participe au parcours européen 2017-18 du MHSC en réalisant 3 passes décisives dans la compétition. En tout elle aura inscrit 26 buts en 36 apparitions pour le club héraultais.

En janvier 2019, elle officialise son départ et son retour en Suède à Linköping où elle retrouve notamment ses coéquipières en sélection Lina Hurtig, Mimmi Larsson et Kosovare Asllani. Elle participe à la qualification directe de la Suède pour la Coupe du Monde 2019 en marquant notamment 3 buts lors des éliminatoires. Attaquante rapide et puissante, doté d’un grand sens du but mais sachant également servir ses coéquipières et bénéficiant encore d’une marge de progression certaine, Stina a tous les atouts pour devenir une des stars de cette Coupe du Monde en France.

La joueuse à suivre : Sofia Jakobsson

Crédit photo : Instagram Stina Blackstenius.

Sofia Jakobsson n’est pas précisément une découverte. À 29 ans, elle a déjà joué dans 5 pays différents et fais le bonheur du club de Montpellier depuis 2014. Si elle fait partie des joueuses à surveiller lors de la Coupe du Monde de juin, c’est tout d’abord qu’elle a une revanche à prendre. Après une année olympique 2016 durant laquelle elle contribue à la belle médaille d’argent des suédoises, la native de Örnsköldsvik se blesse en effet très gravement dès janvier 2017. Lors d’une séance d’entrainement avec Montpellier son genou lâche à la réception d’un saut, le verdict est terrible : rupture des ligaments croisés.

S’en suit une longue indisponibilité de 8 mois qui lui fait rater le championnat d’Europe aux Pays-Bas. Lors de son retour à la compétition contre Rodez en octobre 2017 elle inscrit 1 but et délivre 3 passes décisives et la semaine suivante elle inscrit un doublé en Ligue des Champions pour qualifier son club contre le Zvezda 2005 après une défaite 1 à 0 à l’aller. Cela en dit long sur la force de caractère de la jeune femme. Tout comme son parcours. Passée par l’Östers IF, elle signe en 2017 à 17 ans pour le Umeå IK, club qui domine alors la Suède et l’Europe avec 5 titres de champions et 2 victoires en Ligue des Champions depuis 2000. Si elle y remporte 2 championnats et une Coupe de Suède, le club entame alors son déclin et Sofia signe en 2009 avec le champion russe WFC Rossiyanka afin de retrouver la coupe d’Europe. Elle fait ensuite un passage rapide à Chelsea, marquant 6 buts en 11 matchs, avant de s’engager avec le club allemand du BV Cloppenburg, alors promu en 1ère division pour la saison 2013-2014.

Joueuse du Montpellier HSC depuis 2014, où elle semble se sentir bien tant dans le club que dans la ville, elle y a été élue meilleure joueuse du championnat dès sa 1ère saison et a depuis inscrit 50 buts en 91 matchs. Membre de l’équipe suédoise depuis 2011, elle a été de tous les tournois des jaunes et bleues jusqu’à sa blessure. De retour pour les éliminatoires de Coupe du Monde, elle a grandement contribué à la qualification en marquant le seul but de la victoire décisive au Danemark lors de la dernière journée du groupe. Elle a honoré sa 100e sélection lors du dernier match amical de préparation contre l’Autriche et l’a fêtée dignement en marquant un des 2 buts du match. Joueuse de rupture pouvant mettre à mal les défenses par ses appels ou sa technique et à l’aise aussi bien devant le but que dans la construction du jeu, Sofia Jakobsson aura à cœur de se montrer à son meilleur niveau en juin dans son pays d’accueil.

Le XI de départ probable :

Le groupe :

  • Chili – Suède : mardi 11 juin à 18H sur Canal+ Sport
  • Suède – Thaïlande : dimanche 16 juin à 15H sur Canal+
  • Suède – Etats-Unis : jeudi 20 juin à 21H sur TMC et Canal+

Dans le groupe F, la Suède retrouvera les USA pour une revanche du ¼ de finales des J.O de Rio. C’est à priori là que devrait se jouer les premières et secondes places du groupe. Malgré de nets progrès, la Thaïlande semble encore un peu juste pour gêner vraiment les 2 favorites. Quant aux chiliennes de la gardienne du PSG Christiane Endler, elles participeront à leur 1ère Coupe du Monde.


Article écrit par Arnaud Vayssade.

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