Au fin fond de l’Europe, la neige a parfois fait son apparition, modifiant le cours des rencontres et de la saison. Le première place promise au HJK – traditionnel leader, déchu les deux dernières saisons – a été retrouvée. En parallèle dans la capitale finlandaise, l’autre grand club de la ville ne sera plus en Veikkausliiga l’an prochain. Le podium inédit composé du KuPS et Ilves pourrait bien amorcer la voie d’une nouvelle concurrence d’ici les prochaines saisons, si seulement la suprématie du Helsinki JK ne demeure pas trop éminente. Entre surprises et déceptions, retour sur cette édition 2017 du championnat finlandais.

 

L’ogre finlandais de retour

Après deux ans de disette en championnat, l’Helsinki JK a de nouveau soulevé le trophée ! Le club de la capital aura été au dessus du lot grâce à ses qualités individuelles. La preuve en est au classement, où les hommes de Mika Lehkosuo terminent la saison avec plus de vingt points d’avance sur son dauphin en 33 rencontres et avec une différence de but de +62. Même si le jeu n’était pas des plus remarquables, la domination du HJK sur tous les plans et leur capacité d’accélérer ont fait la différence. A l’arrière, la défense s’est imposée comme une muraille difficile à gravir. Alors que celle-ci était un point faible les dernières saisons, le recrutement de joueurs qui avaient fait leur preuve en Finlande a été l’une des clés de leur réussite. En début d’année, c’est cependant l’attaque qui a fait grand mal aux défenses adverses avec notamment deux joueurs recrutés durant l’hiver. Le premier est le jeune espoir ghanéen Evans Mensah. L’ailier a démarré l’année sur de très bonnes bases grâce à sa fougue, sa vitesse et ses dribbles. L’attaquant vedette Alfredo Morelos a quant à lui inscrit 11 buts et réalisé 5 passes décisives en 12 matchs. Le colombien est sans aucun doute le meilleur joueur de l’année si l’on prend en compte les trois premiers mois de la saison, soit jusqu’à son départ en Écosse, au Glasgow Rangers au terme d’un transfert record à plus d’un million d’euros.

Rafinha avec le trophée, un des hommes forts du HJK. | via @hjkhelsinki

L’entraîneur du HJK a pu s’appuyer sur un groupe dense et de qualité. Au milieu de terrain la plupart des joueurs étaient incorporés à une rotation effective. C’était le cas pour Rasmus Schüller venu en prêt et pour la star japonaise Tanaka, poussé sur le banc par la recrue estivale Filip Valenčič, venu du PS Kemi. Le slovène a été brillant dans les deux clubs et s’est imposé comme une des révélations de 2017. De plus, les jeunes ont eu pas mal de temps de jeu. Certains se sont même imposés dans le groupe tout au long de l’année à l’image du défenseur de 18 ans Valtteri Vesiaho qui jouait en avril en Kakkonen (D3) avant d’être titulaire en Veikkausliiga. On pourrait également citer Lingman auteur d’un but. Par ailleurs l’équipe B du HJK, le Klubi-04 a été promu en Ykkönen, la deuxième division finlandaise démontrant la formation de qualité du club. Le HJK a donc été surpuissant, emportant tout sur son passage, dont la Suomen Cup remportée aisément par le club phare d’Helsinki. Seuls points négatifs, un jeu quelque pauvre au vu du potentiel de l’équipe et la nouvelle désillusion en coupe européenne (éliminé au deuxième tour préliminaire d’Europa League face à un club macédonien). Terminant la saison en puissance, le HJK restait sur une série de 12 victoires, avant leur défaite lors de la dernière journée contre RoPS (défaite 3-2).

 

Un podium inédit

Le dauphin du HJK cette saison vient de l’est. Une région où les clubs de football ont presque tous déserté les deux premières divisions finlandaises. L’équipe de Kuopio PS a mis les moyens pour décrocher une place européenne. Sujet à une importante perte d’argent, le KuPS se devait de répondre présent sportivement. Les objectifs ont été tenus. L’année de KuPS avait bien débuté avec la Suomen Cup, mais les débuts en Veikkausliiga ont été bien plus laborieux. Cette équipe homogène, composée notamment de nombreux espoirs finlandais dont les jeunes Savolainen ou Nissilä, s’est appuyée notamment sur les deux nigériens Gabriel et Salami, mais aussi sur l’expérimenté Sorsa, ancien joueur emblématique du HJK. Le succès de KuPS n’est pas un hasard, elle pouvait même être présagé. Désormais, KuPS a pour mission de réaliser une saison aussi réussie et de faire rêver ses supporters en Europa League.

Une équipe qui ne cesse de monter en puissance ces dernière années est Ilves. Devenu le principal club de la plus grande ville d’Europe du Nord n’ayant pas accès à la mer, Tampere, Ilves, connu pour sa section de hockey sur glace, sport numéro 1 en Finlande, se fait aussi une place dans le football finlandais. En profitant du déclin des autres clubs mythiques de la ville, Ilves a réussi à rassembler au fil des saisons une importante communauté. Cette année, l’équipe de Tampere a encore grimpé au classement, en obtenant une place sur le podium. Un recrutement intelligent de la part des dirigeants, à moindre coût, en allant chercher des africains qui ont déjà joué en Europe mais qui n’ont jamais réussi à s’imposer à l’image de l’attaquant sénégalais, Tendeng. Toujours sur le front de l’attaque l’homme fort de la saison se nomme Ngueukam, alias Tuco. Le camerounais qui évoluait auparavant à SJK a inscrit la bagatelle de 15 buts. Grâce à cette belle saison, Ilves jouera pour la première fois une compétition européenne l’an prochain. Le club va cependant devoir redoubler de créativité au mercato suite au départ des éléments forts, comme Tendeng et Ayarna, partis à SJK, s’il veut rester compétitif.

Ilves un équipe en progression constante. | @IlvesEdustus

 

Peu élégant, le FC Lahti au pourtant joué les premiers rôles comme au bon vieux temps. Solide défensivement, mais beaucoup moins performant offensivement, Lahti a souvent gagné ses matchs 1-0. Cette équipe originale et cosmopolite, dû notamment à son partenariat avec le Zenit Saint-Petersbourg, réunit des joueurs des quatres continents. Des jeunes se sont fait remarqués comme le défenseur Hostikka et l’afghan Fareed Sadat qui en peu de temps est devenu l’un des espoirs du championnat finlandais. Longtemps deuxième, Lahti s’est vu rattrapé et même doublé dans le sprint final. Une fin de saison compliquée, se terminant finalement plutôt bien puisqu’ils ont décroché la quatrième place lors de la dernière journée de championnat, synonyme de tours préliminaires en Europa League !

Le champion finlandais sortant, l’IFK Mariehamn n’aura à aucun moment pu défendre son titre. Surprenant lors de la dernière édition, le club des Åland a perdu plusieurs de ses cadres lors du mercato. Pour compenser ces départs, l’équipe a enregistré l’arrivé de Sellin en provenance de Suède… l’une des seules recrues. Friable défensivement, Mariehamn a heureusement pu compter sur son attaque et son avant-centre Kangaskolkka, meilleur buteur du championnat et sur les passes de l’américain Span. Une saison, au final, à leur niveau, même si le club des Åland aurait pu viser plus haut. Au tour préliminaire de Champions League, les finlandais se sont fait humilier à deux reprises par les polonais du Legia Varsovie. Rapidement éliminés, ils ont pu se concentrer sur la Veikkausliiga. Avec leur défaite lors de la dernière journée, Mariehamn s’est fait doubler par Lahti et ne disputera donc pas de compétions européennes l’année prochaine. Face à ce constat d’échec, de nombreux joueurs sont amené à partir cet hiver.

Bien loin de ses ambitions, le SJK aura vécu une saison mouvementée. Tout commence lors de la préparation de la saison en hiver, où le coach Simo Valakari (aujourd’hui entraîneur de Tromsø IL), homme providentiel de la progression rapide du club, se retrouve en désaccord avec le président. Limogé, il est alors remplacé par le célèbre coach finlandais Sixten Boström qui entraînait outre-atlantique. Durant l’hiver de nombreux joueurs sont partis, d’autres sont arrivés comme Malolo et Zeneli, deux anciens joueurs du HJK ou encore plusieurs joueurs espagnols. Le printemps passé, une saison catastrophique au niveau sportif s’amorce. Sixten est viré et remplacé par un coach étranger, l’espagnol Manuel Roca. Les résultats s’améliorent bien que trop irréguliers. La campagne européenne qui tient à cœur au dirigeant tourne court avec cette élimination par les islandais du KR Reykjavik au premier tour préliminaire d’Europa League. A la fin de l’été, un troisième entraîneur prend place sur le banc en la personne de l’écossais Brian Page qui coachait l’académie du SJK. Malgré les dépenses importantes lors des périodes de transferts avec notamment le recrutement de l’espoir finlandais Hambo , le groupe perd en qualité. Les cadres de l’équipe comme Ions et Hurme manquent de régularité. Au terme de cette année, le SJK pointe au milieu du classement, déplore une défaite en finale de la Suomen Cup, sans parler de sa campagne Européenne. Une année qui servira de leçon pour ce jeune club fondé il y a dix ans. Le recrutement du suédois Anders Bååth en octobre signe le début d’un nouveau cycle.

Avec des recettes en nettes baisses, RoPS a décidé pour rester le plus compétitif possible de miser sur la formation ! De ce fait, on a pu voir de nombreux jeunes parfois sortis de « nulle part » jouer avec le club de Rovaniemi. Cependant, même si l’équipe ne peut viser les premières places, il faut féliciter le travail fourni par l’expérimenté coach Juha Malinen qui a dû composer avec les moyens du bord. Une dizaine de joueurs de 20 ans ou moins ont ainsi pu saisir leur chance en Veikkausliiga. Une part importante d’entre eux proviennent du centre de formation du HJK, comme le défenseur Järvenpää qui a joué une vingtaine de match dans l’année, Lappalainen auteur de quatre buts dont plusieurs bijoux et enfin Pyry Hannola qui a fait le plus parler de lui de par sa précocité. Âgé de 16 ans, ce dernier a signé un contrat avec le club danois de Midtjylland. Au final, RoPS qui a parfois joué les premiers rôles ces dernières années semble être désormais condamné à stagner en deuxième partie de tableau, à moins d’un exploit.

Une saison très contrastée pour VPS. Un début de saison canon, proche de concurrencer le champion de l’année le HJK, une campagne européenne courte mais prometteuse, sans doute la plus réussie par rapport aux autres clubs finlandais, et puis le néant. Pour rester le plus compétitif possible, le club de Vaasa a misé sur un effectif réduit mais avec quelques bonnes individualités. Ils ont également dû se séparer de Soiri pour renflouer les caisses. Le jeune coach Vuorinen a su surfer en début de saison sur l’enthousiasme de ses joueurs, sublimés à l’idée de jouer l’Europa League. Cette équipe, solide défensivement, s’appuyant sur son esprit collectif et jouant les contre-attaques avec créativité, est même parvenue à éliminer les Solvènes de l’Olimpija Ljubljana et à battre chez eux le club danois de Brøndby malgré une élimination au deuxième tour préliminaire de C3. Cette élimination est intimement corrélée à une deuxième partie de saison bien plus compliquée. Méconnaissable sur le terrain, incapable de gagner une rencontre, seul leur bon début de saison leur a permis d’éviter de se battre pour le maintien.

 

La grande déception de cette saison : le FC Inter Turku. Sur le papier Turku avait largement les moyens d’être sur le podium. Avec des arrivées de joueurs reconnus comme Kandji, Furuholm ou le français Julien Faubert, qui lui-même visait le titre à l’aube de son arrivée en Finlande. Au final, les résultats sont, comme l’an dernier, bien loin des objectifs. En fait, l’Inter est l’antithèse du VPS. De très bonnes individualités pour la Veikkausliiga, mais un médiocre collectif. C’est ainsi que l’équipe s’est avérée très irrégulière, s’appuyant uniquement sur le « génie » de ses joueurs. Après le limogeage de Kuqi au poste d’entraîneur, suivi du départ du club de son frère Njazi Kuqi, encore joueur, l’Inter a voulu tourner la page du ce « règne » en choisissant de nommer un nouvel étranger au poste d’entraîneur en la personne de l’italien Piccareta. Il faut toutefois noter la bonne saison du jeune avant centre de 19 ans, Benjamin Källman et des quatre buts du français Guy Gnabouyou, souvent sur le banc et qui disputait là sa sixième saison en Finlande !

La zone de relégation à éviter

En Laponie, le PS Kemi a, comme la saison passée, de nouveau échappé à la relégation. Considéré parmi les plus « petites » équipes, Kemi était sur courant alternatif cette saison. Son début de saison lui a permis de s’éloigner dès les premières rencontres de la zone de relégation. Cependant l’année a été globalement compliquée et longue, avec un automne catastrophique et des infrastructures qui ont subi le froid polaire. Le PS Kemi devrait connaître un hiver agité avec de nombreux départs d’ores et déjà actés. Des joueurs devraient arriver, mais les ressources financières restent très limitées. Surtout que le club doit impérativement investir dans les infrastructures, en aménageant notamment une pelouse chauffante, certes onéreuse mais nécessaire sous peine de devoir jouer tous ses matchs loin de Kemi.

Catastrophe. C’est le mot juste. A Helsinki, le HIFK ne sera plus présent dans l’élite du football finlandais après l’avoir retrouvé en 2015. Une désillusion pour un club qui se voyait embêter les « gros » du championnat. Depuis avril, HIFK jouait dans les bas-fonds du tableau. Pourtant, au fil de la saison une lueur d’espoir apparaissait avec un écart de plus en plus faible entre eux et le premier non relégable, le PS Kemi. Jusqu’à la dernière journée HIFK pouvait prétendre à la dixième place, mais la chance n’était pas de leur côté et le deuxième club de la capitale s’est retrouvé résolu à jouer les barrages de promotion/relégation. Face au deuxième de Ykkönen (D2), on a eu le droit à un match particulier opposant HIFK (club d’Helsinki) et Honka (club voisin de Espoo). Une double confrontation tendue, en témoigne les nombreuses fouilles policières  qui s’est soldée par la relégation de l’HIFK, et ponctuée en fin de match par des débordements dans le stade entre ultras et policiers. Relegué, l’HIFK se donne une saison pour remonter en Veikkausliiga.

Les Stadin Kingit. | va reddit.com

 

Au fin fond du classement, on retrouve, sans véritable surprise, le promu JJK. Plus connu pour ses circuits de rallyes et son club de hockey, la ville de Jyväskylä en plein cœur de la région des lacs, retrouvait l’élite du football finlandais. Mais le manque de moyens financiers n’aura jamais permis au club de se battre pour le maintien. Un destin fatal dessiné dès les premières semaines de compétition. En Suomen Cup l’hiver dernier, JJK avait déjà subi des humiliations, comme face à KuPS (défaite 9-1 en indoor). Par la suite en Veikkausliiga, hormis quelques beaux résultats, les adversaires venaient généralement prendre trois points tout en améliorant au passage leur goal average. Il faut dire qu’en plus d’être très limité niveau budget, le club n’a pas eu de chance avec les blessures de joueurs cadres comme le francophone Benno Hanslian dont la saison s’est terminée prématurément. Malgré une saison extrêmement compliquée, il faut cependant féliciter l’initiative des dirigeants, désireux de faire naître une passion footballistique dans une ville dynamique, en promouvant les jeunes joueurs de la région. Direction la Ykkönen pour le JJK, sans doute d’un niveau plus adapter pour eux.

 

Tableau de la saison

Classement

Meilleurs buteurs

Position

Équipe Points Nom

Buts/P.D

1er

HJK 76 Aleksei Kangaskolkka (IFK Mariehamn) 16
2ème KuPS

56

3ème Ilves 56 Filip Valenčič (PS Kemi puis HJK)

15

4ème

FC Lahti 49
5ème IFK Mariehamn

49

Tuco (Ilves)

15

6ème

SJK

47

7ème RoPS 42

Meilleurs passeurs

8ème

VPS

39

Filip Valenčič (PS Kemi puis HJK)

12

9ème

FC Inter Turku 38
10ème PS Kemi

32

Sebastian Dahlström (HJK)

9

11ème

HIFK

29

12ème JJK 26 Steven Morrissey (VPS)

9

XI de la saison 

Gardien : Aleksandr Vasyutin (FC Lahti)

Défenseurs : Rafinha (HJK), Kristian Kojola (IFK Mariehamn),  Patronen (HJK), Pirinen (HJK)

Milieux : Annan (HJK), Gabriel (KuPS), Reuben Ayarna (Ilves), Nissilä (KuPS), Filip Valenčič (PS Kemi puis HJK)

Attaquants : Tuco (Ilves)

 

 

La Ykkönen

En deuxième division, le spectacle a de nouveau été au rendez vous. On a eu du suspens en haut du tableau avec le triomphe de TPS. Le club de Turku a dû batailler pour obtenir cette place de leader jusqu’à la dernière journée. En face de lui, Honka, promu en Veikkausliiga suite à sa victoire 1-0 contre l’HIFK. Derrière, le KPV a été un prétendant à la montée jusqu’à cet été, mais des affaires de trucage ont obscurci le tableau du club. Oulu et FF Jaro que l’on retrouve derrière, ont été décevants et très loin de leurs objectifs initiaux. Dans l’ensemble la saison a été passionnante avec un niveau de jeu toujours agréable. De plus, de nombreux clubs de la même ville se retrouvaient comme l’AC Oulu et OPS dans le nord du pays. Les deux relégués sont sans véritable surprise le GrIFK et Gnistan.

 

Les chiffres

Le graphique ci-dessous représente le nombre de spectateurs moyens par club lors des trois années précédentes. Attention, JJK et le PS Kemi évoluait en Ykkönen en 2015 pour les deux et 2016 pour JJK.

 

Récapitulatif

 

Championnats

Suomen Cup

Compétitions européennes

Veikkausliiga

Ykkönen (D1)

 

 

 

 Vainqueur: HJK

Finaliste: SJK

Champions League

Europa League

Champion: HJK

Qualifiés en compétitions européennes: HJK, KuPS, Ilves, IFK Mariehamn

Relégué: JJK et HIFK

 

Champion: TPS

Promus: TPS et Honka

Relégué: GrIFK, Gnistan

 

 

IFK Mariehamn (éliminé au deuxième tour préliminaire)

SJK (éliminé au premier tour préliminaire)

VPS et HJK (éliminé au deuxième tour préliminaire)

 

 


Image à la Une: ©Matti Raivio

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