Alors que les championnats norvégiens prennent bientôt fin et que l’hiver arrive à grands pas sur le royaume, une nouvelle génération de talents arrive. Si le destin de certains s’écrit loin de la terre des Vikings, d’autres poursuivent leurs rêves de s’imposer dans ce pays avant d’aller, peut-être, visiter d’autres contrées. Pour trois de ces talents, ils pourraient avoir le même destin que Robert Ier le Riche (Rollo) et conquérir peut-être un jour la France avec une particularité : tous les trois parlent plutôt bien la langue de Molière et pour cause ils sont tous les trois franco-norvégiens ! 

Trois joueurs qui rêvent de faire une belle carrière footballistique au niveau professionnel. Trois jeunes qui représentent la Norvège en sélection U18 et U21, et qui ont déjà tous trois fait leurs débuts professionnels au sein du championnat norvégien. Mais aussi trois personnes ambitieuses, encore peu connues du public français, dont nous allons vous présenter le parcours :

Hugo Vetlesen (Bodö/Glimt – 2000 – 20 ans – MC)

Hugo Vegard Vetlesen est le plus expérimenté des trois au haut niveau, lui qui doit passer la barre des 100 matchs dans l’élite norvégienne aujourd’hui à bientôt 21 ans. Né en Belgique un 29 février d’une mère française et d’un père norvégien, à ce point-là, on se doute déjà qu’il a tout pour être spécial. Et le jeune Hugo aura très vite été initié à la pratique du football par son père Johan, d’abord en Belgique, puis en Norvège à leur retour lorsqu’il avait 4 ans. Un père ancien joueur de seconde division au pays à Baerum de 17 à 28 ans (1976-1986) qui aura beaucoup impacté sa formation après avoir entraîné son fils lors de ses débuts en club amateur à Haslum, dans le district de Baerum, de 6 à 12 ans, et lui avoir enseigné le jeu à terre et le jeu de passe « à la Barcelonaise » tout en le conseillant dans ses choix de carrière.

En parallèle de ses débuts en club, il aura fait partie de la Norwegian Football Academy (NFA) de 2008 à 2012, dit le Clairefontaine norvégien, qui est un programme d’entraînement privé pour des jeunes de 7 à 12 ans créé fin 2005. Un programme qui porte de plus en plus ses fruits en ayant notamment vu passer d’autres jeunes joueurs aujourd’hui professionnels comme Krisoffer Ajer (Celtic), Andreas Hanche-Olsen (Gent), Tobias Borchgrevink Børkeeiet (Bröndby) ou encore Kristoffer Klaesson et Felix Horn Myhre (Vålerenga). Puis à ses 12 ans, il aura rejoint l’un des meilleurs centres de formation au pays, Stabæk. Club également de Baerum dont il était fan, en étant abonné depuis ses 6 ans où il allait voir tous les matchs à domicile et où il aura vécu en tribunes le seul titre du club dans l’élite en 2008.

Là-bas, il aura participé et remporté de nombreux tournois jeunes, avant de débuter en professionnel à tout juste 17 ans, en avril 2017, qui fait de lui le premier joueur de la génération 2000 à avoir évolué comme titulaire en Eliteserien. Hugo aura passé 4 saisons professionnelles pleines à Stabaek, d’abord entraîné par l’espagnol Toni Ordinas qui l’entrainer aussi en jeunes, sous Henning Berg l’ancien joueur de Blackburn et Manchester United puis sous l’entraineur actuel, le suédois Jan Jönsson. Il aura pu se montrer lors de nombreuses rencontres, en devenant le plus jeune joueur de l’histoire du club à atteindre 100 rencontres professionnelles à 20 ans et 120 jours.

Et en octobre dernier en fin de mercato, il a fait le choix de rejoindre un autre club norvégien plutôt que de partir à l’étranger, en s’engageant à Bodø/Glimt. Hugo Vetlesen et son entourage ayant toujours privilégié le temps de jeu en refusant plusieurs clubs étrangers depuis ses débuts, ont vu en cette opportunité l’occasion parfaite pour continuer son développement. Un choix également motivé par la stratégie actuelle du club qui porte ses fruits avec beaucoup de jeunes et un jeu porté sur les transitions et relances offensives rapides qui semble convenir parfaitement au joueur qu’il est. Quelques matchs après son arrivée, il aura vu sa nouvelle équipe être sacrée champion de Norvège pour la première fois, ce qui pourrait être son premier titre professionnel, puisqu’en Norvège, il faut désormais avoir joué au moins 7 matchs sur 30 possibles pour pouvoir profiter du titre. Au sein de cette équipe qui surprend, tout semble fait pour que le joueur apprenne encore et se perfectionne, avant une probable prochaine étape à l’étranger.

Pour découvrir Hugo, nous avons pu interroger son père sur la formation et les relations avec la France de son fils :

Sur sa formation …

J’ai vu son talent assez tôt je dois dire, déjà à 4-5 ans. Nous nous amusions beaucoup. Il avait très tôt un bon sang-froid et un bon contrôle de son corps. J’ai formé le groupe de joueurs Haslum 2000. Haslum est un club qui travaille en coopération avec Stabæk. De son groupe, 4 joueurs ont été recrutés pour Stabæk.

Le soutien le plus important que je pouvais donner à Hugo était de l’amener à tous les matchs de Stabæk et de s’entraîner sur les petits détails et les compétences. Et gardez le facteur amusant. Ils n’étaient pas autorisés à jouer de longues balles et des dégagements.

J’ai beaucoup soutenu la philosophie de la formation des techniques et des compétences en zone rapprochée en NFA. J’étais important pour son développement. J’ai également copié les exercices qu’ils utilisaient à Haslum. C’est vraiment français inspiré par le fondateur Thierry Koop.

Sur la sélection nationale …

Il ne peut pas devenir belge je pense même s’il y est né. Et il est français naturellement par sa mère, mais il faut le signaler à l’ambassade de France à Bruxelles. La FFF n’a pas contacté Hugo de ce que je sais.

Sur ses origines françaises …

Il est à moitié français de sa maman qui vient de La Rochelle. Mais il est né à Braine-l’Alleud, en Belgique. C’est là que se trouvait la maternité, une commune voisine de Waterloo où nous avons vécu de 1999 à 2003. Fait amusant, Eden Hazard a grandi dans le même quartier.

Du côté de la sélection compte 32 apparitions en sélections jeunes norvégiennes des U16 aux U21, où il a pu profiter d’une belle génération pour acquérir de l’expérience dans de grandes compétitions en participant à l’Euro U19 puis à la Coupe du Monde U20 aux côtés notamment de Jens Petter Hauge ou d’Erling Haaland.

Hugo Vetlesen est un milieu de terrain technique qui a un style semblable à Jack Grealish et qui peut jouer plusieurs rôles sur un terrain et également évoluer sur un côté. Un petit profil (1m77/74kg) pas si dérangeant, puisqu’il fait preuve d’une bonne agressivité et un pressing constant tout en utilisant bien son corps lors des duels et qui lui permet d’être très bon dans les petits espaces, même s’il a un mauvais jeu aérien. Il dispose d’une superbe vivacité technique qui lui permet de dominer le ballon et les espaces. Pour cela il s’inspire beaucoup de ses idoles Iniesta, Xavi, et Busquets où il était un fan du jeu du FC Barcelone qu’on lui a beaucoup enseigné jeune, même s’il reste un supporter d’Arsenal.

Sa vision de jeu est son grand atout pour influencer le jeu de son équipe où il tente souvent des choses osées pour permettre à son équipe de faire la différence avec une bonne vitesse d’exécution. A l’aise des deux pieds, il utilise surtout son bon pied droit où il trouve souvent des espaces ouverts et où il tire régulièrement les coups de pied arrêtés. Un joueur d’équipe élégant toujours déterminé avec un bon état d’esprit même s’il peut prendre encore un nombre important de cartons jaunes pour ses engagements. Pour aller plus loin que les mots, nous vous avons préparé une vidéo compilation de ses actions depuis ses débuts professionnels :

Nicolas Pignatel Jenssen (Stabaek – 2002 – 18 ans – DC)

Le deuxième d’entre eux est un défenseur central de 18 ans, capitaine de l’équipe de Norvège U18 et sous contrat professionnel avec le club de Stabaek. Apparu à 5 reprises cette saison pour quelques minutes seulement, il pourrait néanmoins avoir rapidement sa chance avec le club de Baerum. En effet, Nicolas Pignatel Jenssen est un grand espoir du club, qui a d’ailleurs signé son premier contrat professionnel à seulement 15 ans en janvier 2018.

En équipes jeunes, il a pu remporter avec son équipe le championnat norvégien U16 en 2017 puis U19 en 2018 et avait également participé à de nombreux tournois jeunes réputés comme la Audi Cup, la Ljatcup ou encore la Chelsea Academy Cup où il avait pu se montrer et attirer le regard de nombreux clubs étrangers. Mais souhaitant d’abord s’imposer en professionnel ici, après quelques matchs avec la réserve en 3e division l’an passé, depuis cette saison il figure désormais quasiment à chaque fois sur la feuille de match de son club dans l’élite norvégienne.

Pour découvrir Nicolas, nous avons pu l’interroger sur ses relations avec la France, mais aussi sur ses ambitions de carrière : 

Sur ses origines françaises …

La famille de ma mère est française. Mon grand-père et ma mère sont nés à Marseille. J’adore la France et je visite la France chaque année depuis ma naissance. 

Sur son objectif personnel …

J’ai fait des essais à Sunderland, à l’Inter et à Hoffenheim mais mon objectif est d’atteindre d’abord le haut niveau à Stabæk puis de partir à l’étranger.

Sur l’équipe de France …

La France pourrait bien sûr être une place pour moi plus tard dans ma carrière. Je n’ai jamais été sollicité par l’équipe de France, mais j’y réfléchirais s’ils me le demandaient. 

Sur la sélection norvégienne …

Je suis capitaine des U18 et j’en suis très content, mais je considérerais certainement aussi la France. 

Sur son poste …

Je suis principalement un défenseur central qui est bon dans les duels et bon avec le ballon, mais je peux aussi jouer à droite ou à gauche si quelqu’un a besoin de moi à ce poste, mais je suis définitivement un défenseur central principalement.

Alors que le club de Stabaek a récemment formé de nombreux joueurs dans le secteur défensif (Andreas Hanche-Olsen – Gent / Vegar Eggen Hedenstad – Rosenborg / Birger Meling – Nîmes / Thomas Rogne – Lech Poznan), Nicolas Pignatel Jenssen pourrait être, à termes, le prochain talent à sortir du club et à connaître un succès dans un pays hors de la Scandinavie. Il a d’ailleurs resigné cet été un nouveau contrat jusqu’à fin 2022, son ancien contrat arrivant à terme fin 2020, ce qui montre que le club de Stabaek croit en lui et que Nicolas compte bien s’imposer d’abord au sein de son club formateur avant de partir.

Apparu à 34 reprises sous le maillot de la sélection norvégienne des U15 aux U18 où il a très souvent la responsabilité de porter le brassard de capitaine, il est également un grand espoir du football norvégien même s’il ne laisse pas la porte ouverte à la sélection française, pays où il a donc des origines et est également très attaché.

Nous vous proposons également de découvrir Nicolas sur le terrain avec notre petite vidéo compilation de ses meilleures actions depuis ses débuts. Vous pourrez voir déjà toutes ses qualités défensives au niveau physique dans les duels aériens avec son jeu de tête et au sol avec sa belle qualité de tacle. Mais également son aisance balle au pied avec une belle qualité de passe et de dribble qui en fait un défenseur central moderne et prometteur.

Leo Cornic (Grorud en D2 – 2001 – 19 ans – DD)

Leo Eric Jean Cornic né d’un père français et d’une mère norvégienne vient d’Oslo où il a été formé au sein de l’un des clubs de la capitale, Vålerenga. Désormais installé au poste de latéral droit, il a pu évoluer après les équipes de jeunes en 3e division avec la réserve lors de la saison 2018 puis prêté une mi-saison en 2019 au sein de la même division au Baerum SK. Barré au sein de son club formateur notamment avec l’émergence d’un autre jeune du centre de formation, Christian Dahle Borchgrevink (1999), il n’aura disputé qu’une seule rencontre de Coupe avec les professionnels et aura décidé de quitter le club en début d’année 2020.

Pour rejoindre l’un des promus en Obos-Ligaen, en seconde division, le Grorud IL. Un choix qui s’est avéré être payant, puisque le jeune latéral droit franco-norvégien est le titulaire à son poste et il a l’occasion de pouvoir bien progresser et se montrer au sein de ce club qui fait confiance aux jeunes. Les médias norvégiens et spécialistes de la seconde division, en font un des meilleures à son poste malgré son jeune âge de 19 ans et des difficultés désormais de son équipe qui joue le maintien. Une expérience qui lui permettra sans doute de pouvoir bientôt découvrir l’élite norvégienne.

Pour découvrir Leo, nous avons pu l’interroger sur ses relations avec la France, mais aussi sur ses ambitions de carrière :

Sur ses origines françaises …

Mon père est français et j’ai un peu habité en France durant 3 ans de 2007 à 2010 à Antony près de Paris.

Sur ses débuts footballistiques …

Je suis né à Oslo et j’ai commencé le football à l’âge de 5 ans dans un club de quartier à Oslo, Monolitten, et je jouais beaucoup avec les amis de mon frère de 3 ans ½ mon aîné.

Je jouais dans des équipes d’élite de Valerenga à partir de 2012, mais je me suis vraiment décidé que j’allais m’investir dans le foot vers 2015. J’éprouve de la gratitude pour tout ce que j’ai appris dans ce club et les gens que j’y ai rencontrés, surtout dans les équipes de jeunes.

Sur son poste et qualités …

Plus jeune, j’étais attaquant, ailier et milieu de terrain et j’ai également dépanné comme défenseur central donc je suis très polyvalent.

Je suis rapide, j’ai une bonne compréhension du jeu, je suis combatif et j’ai un bon timing. Je peux devenir encore plus décisif offensivement et défensivement.

Sur son objectif personnel …

De partir à Grorud en seconde division, cela représentait une progression naturelle et régulière (je venais de prêt en Post-Nord liga, D3). Et mon raisonnement était qu’il était préférable de jouer à ce niveau-là que de risquer de ne pas jouer en Eliteserien.

Je réalise une bonne saison, j’espère qu’elle se terminera bien. J’étais dans l’équipe type d’Eurosport et de VG à mi-championnat et j’espère l’être à la fin de l’année également. Pour moi, ce serait cool de jouer à Saint-Étienne un jour et en sélection, j’espère arriver au niveau de l’équipe A.

Apparu à 35 reprises sous le maillot de la sélection norvégienne des U16 aux U21, Leo Cornic est également tout comme Hugo et Nicolas, un membre important des sélections jeunes. Il a pu disputer l’Euro U17 en 2018 comme titulaire sur le couloir droit jusqu’en quarts, éliminé par l’Angleterre. Il fait partie de la génération 2001 également prometteuse, aux côtés notamment Kristoffer Askildsen (Sampdoria), Joshua Kitolano (Odd), Kornelius Hansen (Stabaek) mais également de ses deux coéquipiers cette saison à Grorud Oscar Aga et Runar Hauge de retour de prêt à Bodö. Leo devrait désormais devenir un membre régulier des Espoirs norvégiens où il avait été sélectionné lors de la dernière convocation mais où les matchs ont été annulés à cause de cas de Covid.

Leo Cornic est un arrière droit moderne avec de grandes qualités offensives. Défensivement, il excelle dans les situations en un contre un avec une belle capacité de tacle et d’interception. Même s’il doit encore s’améliorer dans ce secteur pour être complet. Et malgré son petit gabarit, il a une bonne détente aérienne et gagne souvent ses duels de la tête. Technique et rapide il prend bien son couloir et sa capacité de centre encore perfectible et prometteuse avec des centres variés et souvent bien dosés. Il a également une belle vision de jeu et de passes qui font qu’il peut souvent être décisif et impactant dans le jeu.


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Leo Cornic

Nicolas Pignatel-Jenssen

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